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04.12.2011

[Anime] Honey and Clover

Titre japonais : ハチミツとクローバー

Nombre d'épisodes : Saison 1 : 24

                                  Saison 2 : 12

                                  + 2 épisodes spéciaux (L et F)

Année de production :
2005-2006

Licence en France :
Kaze

Fiche :
Animeka ; ANN

Voir aussi : Honey and Clover (manga) et Hachimitsu to clover (drama)


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La série, sa (non) sortie en DVD et moi

S'il y a un anime qui tient une place particulière pour moi, c'est très certainement Honey and Clover. C'est une des premières séries dont j'ai parlé sur ce blog, et j'avais eu un véritable coup de cœur. Tout ça, c'était début 2007.

Je ne sais plus quand exactement, peut-être la même année, peut-être la suivante, des rumeurs de licence en France ont commencé à circuler. On l'attribuait à Kana, certainement parce que l'éditeur avait les droits du manga original, dont la publication française a commencé en mars 2007. Mais en fait c'était pas ça du tout. Viz Media, qui fait partie du groupe Shogakukan, avait les droits au niveau européen, mais apparemment aucun éditeur n'avait prévu de sortir l'anime en France. Il a donc fallu attendre que Kaze soit racheté par Shogakukan pour que les choses s'éclaircissent et que la licence de l'anime soit clairement annoncée par l'éditeur. Et là, on est déjà en août/septembre 2009. Enfin, après plus de deux ans d'attente, les DVD allaient sortir, et je pourrais enfin les acheter et revoir la série !

Il faut que je précise qu'entre temps, il s'est passé des choses : comme j'avais gardé un super souvenir de l'OST de la série, j'ai fait l'acquisition de l'édition limitée de Honey & Clover Complete Best, qui regroupe les morceaux instrumentaux et les chansons des openings et endings des deux saisons de l'anime. Et puis j'ai découvert la musique de Spitz, dont de nombreuses chansons sont utilisées dans la série comme insert songs. J'ai aussi vu l'adaptation drama faite en 2008, qui ne m'avait pas complètement convaincue. Et évidemment, j'ai lu le manga d'Umino Chica. Tout ça m'a donné encore plus envie de revoir l'anime, et j'en pouvais plus d'attendre.

Mais vers la fin de l'année dernière, malgré les démarches de certains fans, il est devenu évident que la série ne sortira jamais en DVD. Il faut se contenter de la regarder en streaming sur le site Kzplay. Enfin, la première saison du moins, car deux ans après, les 12 épisodes de la deuxième saison ne sont toujours pas disponibles... La série a très certainement été encore une fois sacrifiée en raison de l'arrivée de nombreux anime jugés plus importants en streaming.

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J'ai donc fini par me tourner vers l'import, et comme les DVD japonais sont vraiment coûteux (et qu'accessoirement ils n'ont pas de sous-titres), j'ai opté pour les DVD américains, édités par Viz Media évidemment. Mais j'ai quand même hésité. Peut-être parce que j'espérai encore par miracle l'annonce de DVD français. Et parce que c'est un peu débile d'acheter des anime japonais chez les ricains.

Mais aussi parce que dans le fond, après tout le temps qui s'était passé depuis mon visionnage de la série, je me demandais si j'allais encore aimer. Ne m'étais-je pas moi-même créé une légende autour de cette version animée au destin un peu maudit pour son édition française ? Est-ce que je n'allais pas trouver ça niais et chiant, comme pas mal de personnes ?

Non, en fait, pas du tout. Je m'en suis rendu compte dès les premières minutes du premier épisode. J'ai regardé l'intégralité de l'anime lors de mes trajets en train entre Rouen et Paris en août et septembre dernier, et je dois dire que l'idée de prendre mon petit dèj devant un épisode était d'une grande aide pour me motiver à me lever à 5h45. Après ce petit moment de bonheur, je pouvais faire une bonne sieste ^^.

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Tout le long de mon visionnage, je me suis demandé : quels sont les éléments que je pourrais noter et utiliser comme arguments quand je ferai un billet sur la série ? Qu'est-ce que je pourrais dire pour donner envie de la regarder à ceux qui pensent que ce n'est qu'un shôjo avec une gamine où il se passe rien ?

Ce n'est peut-être qu'un tas d'excuses pour cacher mon manque de facultés d'argumentation et d'analyse, mais j'en suis venue à la conclusion que – possible ou pas – ce n'était pas en tout cas ce que je voulais faire. Toutes les histoires, quel que soit leur support, ont des qualités objectives. Mais il y a aussi une grande part de subjectivité, et c'est particulièrement le cas pour celles du type de Honey and Clover, qui jouent sur les émotions, et pas sur l'action, l'aventure et le suspense.

Et ça me semble tellement évident à moi que cette œuvre est extrêmement touchante et qu'on doit forcément se retrouver dans un des personnages à un moment ou à un autre, que dans le fond j'aurais envie de dire : mais si vous n'aimez pas c'est que vous n'êtes qu'une bande de crétins insensibles qui n'ont rien compris à la vie ! Mais évidemment, ça ne marche pas comme ça. Chacun a une sensibilité différente et peut voir des choses différentes dans une œuvre, ou ne rien y voir du tout justement.

Tout ça pour en venir à la conclusion que comme d'habitude, je me contenterai de dire sans trop spoiler pourquoi cette série m'a tant touchée, certainement encore plus que lors de mon premier visionnage, et pourquoi je sais que je la reverrai à nouveau. Y'avait peut-être pas besoin de tant blablater pour arriver à une conclusion qui n'en est pas vraiment une, me direz-vous. Mais je tiens toujours à bien poser le contexte des choses. Ca me donne l'illusion que mes billets sont bien construits :p

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Histoire et personnages

Honey and Clover raconte le quotidien de cinq étudiants d'une université d'art, trois garçons et deux filles, ainsi que des personnes qui les entourent. L'histoire, qui se déroule sur plusieurs années, est présentée principalement du point de vue de Takemoto.

Takemoto est un jeune homme comme tous les autres, il a peut-être un passé un peu plus douloureux que la moyenne étant donné qu'il a perdu son père tout jeune, mais cela ne fait pas de lui un cas social. Il ne sait pas trop quoi faire de sa vie, et semble avoir choisi son orientation universitaire un peu par élimination. C'est certainement sur ce point qu'on peut facilement s'identifier à lui.

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J'ai adoré la façon dont Takemoto va trouver sa voie, à laquelle plusieurs épisodes sont consacrés et qui est liéé à un symbole récurrent de l'oeuvre : la roue qui tourne. Celle du vélo de Takemoto, mais aussi les grandes roues qui apparaissent à plusieurs reprises, ainsi que de la girouette qui tourne au vent, que l'on aperçoit si souvent entre deux scènes. Ces thématiques sont aussi largement reprises dans les différents génériques.

Au début de l'histoire, Takemoto commence sa deuxième année. Depuis sa première année, il vit dans une vieille résidence avec Morita et Mayama, étudiants de la même université plus âgés que lui. On peut dire que tout commence le jour où Hagumi arrive à l'université. Takemoto va avoir le coup de foudre pour elle, et sa présence va changer le cours de ses années d'étudiant.

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Hagumi est toute petite, et on la prendrait plus facilement pour une collégienne que pour une étudiante de première année. Cette apparence peut paraître étrange, et contraste avec les personnages féminins habituels, mais le physique particulier de Hagumi est un peu le reflet de sa personnalité, elle aussi particulière. Si au début on croit qu'elle a juste des réactions de gamine trop protégée, on se rend vite compte qu'elle vit dans un monde un peu à part, et qu'elle a des difficultés à communiquer avec les gens « normaux » à cause de sa sensibilité artistique hors du commun.

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C'est cette sensibilité qui va être à l'origine de sa relation particulière avec Morita, un garçon qui semble doué pour tout mais qui ne cesse de redoubler sa dernière année parce qu'il est toujours trop occupé pour rendre son œuvre de fin d'année dans les délais. C'est la plupart du temps un véritable pitre doublé d'un goinfre qui ne s'arrête jamais. Il ne cesse de trouver de nouvelles idées pour taquiner Hagu, et le pauvre Takemoto est lui aussi souvent victime de ses tours. Tout ça, c'est quand Morita n'a pas disparu du jour au lendemain pour accomplir une de ses mystérieuses missions, dont il rentre toujours exténué. Le but ultime de ces missions s'avère en fait très sérieux, et Morita n'est pas le seul à être embarqué dans l'affaire. Et puis dans les rares moments où il se montre sérieux en présence de ses amis, on se rend compte qu'il semble bien comprendre Ayumi et qu'il sait se montrer prévenant.

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Ayumi est une étudiante en poterie qui est jolie, a de belles jambes et est très populaire parmi les garçons de son quartier. Accessoirement, elle a un penchant assez prononcé pour l'alcool (ses parents tiennent une boutique de saké) et n'hésite pas à tataner Morita et Mayama. Pour le premier, on devine facilement pourquoi. Pour le deuxième, c'est parce que c'est l'idiot dont elle est amoureuse. Le voilà, le fameux amour à sens unique. Et le triangle amoureux, du même coup. Ayumi sait que Mayama en aime une autre et qu'elle n'a aucune chance. Donc Ayumi pleure beaucoup. Mais son cheminement est si crédible et si judicieusement décrit ! Elle en vient à se rendre compte qu'elle se complait dans cette situation, qu'elle a peur que les choses changent parce qu'elle sait dans le fond qu'elle finira par oublier Mayama, même si ça lui paraît impossible tellement elle souffre. Le personnage de Nomiya, qu'elle va connaître justement par l'intermédiaire de Mayama. va jouer un rôle important auprès d'elle.

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Le Mayama en question est un étudiant qui contrairement à son camarade Morita est sérieux, et contrairement à Takemoto sait ce qu'il veut faire à la fin de ses études. Vu qu'il est en dernière année au début de la série, on le voit d'ailleurs débuter dans le monde professionnel. Bien qu'il ne puisse répondre aux sentiments de Yamada, il ne peut s'empêcher d'interférer quand d'autres garçons lui tournent autour, son argument étant qu'elle est un peu trop naïve et qu'ils pourraient lui faire du mal. Alors que c'est évidemment lui qui la blesse le plus, à montrer tant de sollicitude. Il va attendre patiemment que Rika, celle qu'il aime, ait soigné ses blessures et le considère comme un homme.

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Rika est architecte, Mayama a commencé à travailler pour son cabinet alors qu'il était encore à l'université. Elle est froide et distante, et au début on peut avoir du mal à l'apprécier si on sympathise avec Ayumi. Mais quand on apprend à mieux connaître le personnage à travers les récits de Hanamoto qui était à l'université avec elle, et quand on sait quel terrible événement elle a vécu, on la comprend mieux, et comme Mayama on a envie de lui dire d'arrêter de s'interdire d'être heureuse.

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Hanamoto est le personnage qui relie tout ce petit monde : il est prof à l'université, et a une relation privilégiée avec le petit groupe d'étudiants. Il est de la famille éloignée de Hagu et la connaît depuis toute petite. Il la comprend mieux que quiconque, et c'est lui qui l'a fait venir à Tôkyô pour ses études. Elle habite d'ailleurs chez lui. En fin de compte, c'est un peu un grand frère pour tous, mais lui aussi a évidemment son histoire.

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S'il y a donc des moments sérieux et remplis d'émotions, la série possède aussi de nombreux moments plus légers, voire même carrément déjantés, qui viennent ponctuer à petite dose son rythme tranquille du quotidien. Combiné avec son aspect visuel et sa bande sonore, cela rend son ambiance vraiment unique.

Que ce soit les lubies de Morita, la cuisine déplorable de Hagu et Ayu (on sort du cliché de la gentille fille qui cuisine bien ^^), le chien très expressif de Miwako (une collègue de Mayama), ou la façon dont Hanamoto se fait charier à cause de son âge, les moments comiques sont nombreux et sont toujours bien dosés. Allez, histoire de ne pas dire que du bien, je n'ai pas trop accroché au délire des frères Fujiwara. Une minute en tout sur 38 épisodes... je pense que ça peut aller !

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Musiques et réalisation

Je me souviens que j'ai tout de suite accroché au design des personnages. Si l'on voit bien à leurs traits que le manga original s'adresse majoritairement à un public féminin (mais il s'agit d'un josei, pas un shôjo), les personnages masculins n'ont pas des yeux de biche et un menton pointu ^^. La différence d'âge des personnages entre le début et la fin de l'histoire est bien montrée, surtout pour Takemoto et Hagu. Les tons pastels utilisés pour l'ensemble des dessins collent parfaitement à l'ambiance un peu nostalgique qui se dégage de l'histoire.

Les deux openings (un pour chaque saison) sont chantés par YUKI et ce sont eux qui m'ont fait découvrir cette chanteuse. Les images de ces openings ont un côté très décalé qui annonce bien qu'on ne va pas avoir affaire à une romance à l'eau de rose ordinaire:). Le premier ending de la saison 1 ainsi que celui de la saison 2 sont signés Suneohair. Là encore, ces titres m'ont permis de découvrir de chanteur qui reste un de mes artistes japonais préférés.

Les musiques instrumentales utilisées dans les épisodes, signées Hayashi Yûzo, sont variées. Les plus enjouées ont un petit côté rétro et sans être inoubliables, collent bien aux scènes où on peut les entendre. Là où l'OST devient vraiment formidable, c'est d'abord sur les morceaux plus tristes et plus doux comme Yamanai ame ou Hajimari no yokan. Et puis il y a les formidables reprises au piano des quatre chansons des génériques, que je ne me lasse pas d'entendre et qui créent une atmosphère magnifique.

Et last but not least, la série comporte un grand nombre d'insert songs. Il y en a déjà 14 pour les 24 épisodes de la première saison, et leur utilisation est systématique pour la saison 2 pusqu'il y en a autant que d'épisodes. Elles son utilisées pour les scènes clés ou dans des sortes de diaporamas et constituent donc à chaque fois un moment particulier dans un épisode.

La moitié des ces chansons est de Suga Shikao, et l'autre moitié de Spitz. Oui, Spitz, mon groupe japonais préféré et peut-être mon groupe préféré tout court ^^. Mais étrangement, c'est pas mal de temps après avoir vu pour la première fois Honey and clover que j'ai commencé à les écouter. Je me demande encore pourquoi aujourd'hui, vu que certaines des chansons utilisées sont parmi mes préférées (Yoru wo kakeru, Sakana, Spica, Je t'aime...). En fait, je pense que je m'étais naturellement focalisée sur les dialogues et les images, mais que la musique m'avait quand même marquée même si c'est inconsciemment, étant donné qu'elle colle vraiment bien, comme j'ai pu m'en rendre compte lors de ce revisionnage.

Et si elle colle vraiment bien, c'est tout simplement parce que Suga Shikao et Spitz sont deux des artistes préférés d'Umino Chica. D'ailleurs, le titre original du manga, hachimitsu to clover est la combinaison du titre d'un album de Spitz (Hachimitsu, qui est aussi le titre d'une chanson du même disque utilisée comme insert song dans le tout premier épisode) et du premier album de Suga Shikao, qui vous l'avez deviné s'appelle Clover (deux titres de l'album, Tsuki to knife et Ougon no tsuki, sont utilisés comme insert songs). Mais au-delà de cette origine, le titre de l'oeuvre prend son sens dans l'histoire même, tout à la fin. Superbe, évidemment.

Umino Chica devait écouter ces chansons en dessinant ses planches, c'est pour ça que l'ambiance colle si bien, et je trouve ça vraiment génial qu'elles aient été utilisées dans l'anime. Cela montre à quelle point il est une adaptation aboutie du manga original. On a si souvent le droit à des adaptations partielles, juste pour faire de la pub au manga, qu'on ne peut que se réjouir d'une adaptation totale si bien réalisée.

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Je reste sur le côté sonore pour évoquer un peu les voix : je les ai trouvées bien choisies, en particulier celle de Hagumi, qui a un côté très doux et enfantin, mais tout en étant très naturelle. Les différents personnages, en particulier Takemoto, prennent régulièrement la parole en « voix off » pour nous confier leurs doutes, leurs questions, leurs peurs ou leurs espoirs. Ce mode de narration est très judicieusement utilisé : on n'a pas des discours interminables, mais des mots essentiels qui ne pourraient avoir leur place dans un dialogue classique.

Enfin, puisque je ne suis pas à ça près, je ne peux pas m'empêcher d'évoquer la forte impression que m'ont laissés certains lieux vus dans l'anime lors de mon revisionnage, deux en particulier : Yokohama et Chicago. Lorsque j'ai été à Yokohama l'année dernière, j'ai été émerveillée devant la Cosmo Clock et j'ai pensé à Honey and Clover. Et en revoyant Honey and Clover un an après, j'ai eu un peu l'impression de retourner là-bas. Pour Chicago, on y voit l'un des personnages lors de la deuxième saison. Je me souvenais vaguement qu'on voyait une ville américaine, mais plus précisément laquelle, et c'est justement celle que j'ai visitée en juillet dernier !

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En conclusion

Outre toutes les considérations personnelles que je peux avoir, Honey and clover est clairement une grande série qui ne mérite très certainement pas le triste sort qui lui a été réservé pour sa distribution francophone, et même si elle a déjà quelques années il ne faut surtout pas l'oublier.

C'est une œuvre incontestablement riche par la variété de ses personnages et des thèmes qui sont abordés à travers eux, qui couvrent tous les types de relations humaines et une large palette de sentiments. L'important, ce n'est pas si tel ou tel personnage va sortir avec tel ou tel autre, ce sont ce qu'ils éprouvent à ces moments de leur vie, et surtout de quelle façon cela va les changer, quel souvenir ils vont en garder et quelle influence cela aura sur leur avenir. Et de ce point de vue, la question que se pose Takemoto à la toute fin de l'histoire est pleine de sens.

Même s'il ne s'agit pas de quatre ou cinq années d'université, on a probablement tous eu dans notre vie une période que l'on a passée avec des gens en particulier et dont on garde un souvenir spécial. On a tous des moments auxquels on ne reviendrait à aucun prix mais qui font ce qu'on est aujourd'hui. Regarder Honey and Cloverme rappelle tout ça. Cela provoque une petite vague de nostalgie mais en même temps donne de l'espoir pour ce qui est à venir, à l'image de la fin, qui est en fait un début pour chacun des personnages. Et la roue continue de tourner.

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19.11.2011

[Anime] Fractale

Titre japonais : フラクタル

Nombre d'épisodes : 11 épisodes

Année de production :
2011

Licence en France :
Wakanim

Fiche : Animeka ; ANN


J'avais pas mal croisé le nom de cet anime sur la blogospère lors de sa diffusion en début d'année. Lorsque j'ai réalisé qu'il faisait partie des séries proposées en streaming par Wakanim, je n'ai pas hésité à me lancer après avoir terminé Usagi drop, profitant toujours des deux semaines anniversaire de l'éditeur pour visionner la série en streaming gratuitement.

L'univers imaginé dans la série est celui d'un futur où les humains n'ont plus besoin de travailler et vivent dans un véritable monde virtuel, qui devient visible grâce à un appareil implanté directement dans leur corps. C'est le système Fractale, géré par le tout-puissant Temple, et dont quasiment tous les humains sont devenus dépendants.

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Le héros, Clain, est un jeune garçon qui vit seul dans une vieille maison au bord de la mer. Ses parents semblent habiter loin, et il est seulement en contact avec eux par l'intermédiaire de doppels, leurs alter ego virtuels. La vie tranquille de Clain va changer avec l'apparition d'une mystérieuse jeune fille, poursuivie par un étrange groupe.

En fait, je n'avais pas vérifier avant de commencer la série combien d'épisodes elle comportait. Après avoir vu les deux premiers épisodes, j'étais persuadée qu'il y en avait 24 à 26. Quand j'ai vu qu'il n'y en n'avait que 11 de disponibles sur Wakanim, j'ai pensé que tous les épisodes n'étaient pas encore disponibles. Mais en fait, non, la série fait bien 11 épisodes.

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Et là, j'ai vraiment senti qu'on aurait forcément quelque chose de pas assez abouti et/ou de bâclé. Car le premier épisode a vraiment des allures d'introduction à une grande aventure. Mais 11 épisodes, ça n'est pas assez suffisant pour présenter tous les éléments d'un univers et y introduire une intrigue qui soit complète et pas trop simpliste.

Et en effet, on n'en sait pas assez sur le système Fractale, sur son histoire et son fonctionnement, du coup on se sent un peu largué dès le départ et on ne sait pas trop ce qu'on doit penser de tous ce qui se passe. Pour ma part, je n'ai ressenti à aucun moment une vraie curiosité me donnant furieusement envie de voir l'épisode suivant, j'ai juste terminé la série parce que je préfère toujours pouvoir juger un anime en l'ayant vu entièrement, et surtout parce que 'javais la possibilité de la voir gratuitement. Je pense que je l'aurais abandonnée en cours plutôt que de payer pour tout voir...

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Et c'est frustrant, car il y a quand même pas mal de bons éléments, mais ils ne sont pas assez développés ou pas du tout. Par exemple, les relations familiales. Clain est un ado qui vit seul, on ne sait même pas depuis combien de temps il n'a pas vu ses parents pour de vrai. Il aurait été intéressant de creuser plus cet aspect. De même, on se rend compte que Clain est maladroit avec les filles car il n'a pas l'habitude de les fréquenter. Le système Fractale a bouleversé les relations humaines à tous les niveaux, c'est évident, mais on ne nous en dit pas plus. Il aurait été aussi judicieux de nous en dire plus sur le fait que les humaisn ne travaillent plus. Est-ce vraiment le cas de tout le monde ou juste des plus privilégiés ? Quelles en sont les conséquences ? Qu'en est-il de l'éduction ?

De même, l'idée d'associer un système virtuel à l'idée de religion (car ce n'est pas pour rien que l'organisation qui règne sui le système et tente de le protéger à tout prix s'appelle ainsi) me plait beaucoup, mais là encore on en sait trop peu. Pourtant, les deux principaux personnages qui en font partie sont complètement barrés, on aurait pu mieux les cerner s'ils avaient été développés davantage.

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Un des bons points de Fractale est qu'elle n'est pas du tout manichéenne : d'un côté il y a donc le Temple, qui veut maintenir le système, de l'autre il y a des groupes d'opposants qui veulent s'en débarrasser, la plupart du temps par la violence. Mais le monde pourrait-il vraiment survivre sans Fractale ? Peut-on faire marche arrière à ce stade ? Même si le système n'est pas idéal, n'est-ce pas mieux avec que sans ? Le spectateur se pose la question en même temps que Clain, qui est au milieu de tout ça. C'est bien que le personnage ne se positionne pas radicalement, mais d'un sens ça fait qu'il manque un peu de personalité et semble juste se laisser porter par les événements.

Nessa est assez amusante, j'ai bien aimé sa voix. Mais parfois, on se demande quand même si son ignorance et son côté enfantin ne sont pas de la bêtise plutôt que de l'innocence et de la candeur. Phryne est un peu la carricature de la fille qui explique rien du tout quand on lui pose des questions mais qui tire la gueule et n'est jamais contente. Et elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut. J'en entends déjà dire "ben quoi, c'est juste une fille quoi" :p.anime,série,japon,fractale,noitamina

Le groupe d'opposants qui apparaît au début de l'histoire et auquel Clain va se joindre à l'insu de son plein grès m'a carrément rappelé la vieille et ses fils dans Le Château dans le Ciel. Leurs méthodes sont assez pittoresques, et on se rend vite compte qu'ils se sont pas si méchants qu'ils veulent le laisser croire. J'ai sans doute aussi fait ce rapprochement car le design des personnages a un côté un peu rétro. Je ne sais pas trop quoi penser de ce design, il ne m'a pas franchement marquée. A côté de ça, les paysabes sont très beaux, qu'ils soient champêtres ou plus urbains.

Pour rester dans les références à d'autres oeuvres d'animation, le système virtuel m'a fait pensé à celui de Dennô Coil, surtout quand ceux qui ne sont pas équipés de terminal interne doivent porter des lunettes pour y accéder. Et puis le fait que Clain soit amateur d'objets de l'ancienne époque et s'émerveille avec un appareil photo numérique (d'ailleurs on se demande comment il les développe, ses photos), m'a fait pensé à Cowboy Bebopavec ses magnétoscopes et ses VHS.

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Ce que je n'ai pas du tout aimé dans l'anime, c'est son côté "comédie romantique lycéenne". Que ce soit le sorte de triangle amoureux entre Nessa, Phryne et Clain ou bien Enri qui n'arrête pas de traiter Clain d'obsédé, j'ai trouvé que ça n'avait vraiment pas sa place. Surtout pour le coup de l'obsédé, ça revient à tous les épisodes, plusieurs fois parfois, et c'est d'un lourdingue ! Je dis pas que sans ces scènes l'histoire aurait pu être développée à fond, mais ça reste une perte de temps.

L'OST contient des morceaux que j'ai bien appréciés, je pense notamment à un avec des choeurs, mais dans l'ensemble c'est un peu inégal. J'ai bien aimé l'opening très électro, mais il ne convient pas vraiment à l'univers de la série. L'ending donne plutôt dans l'ambiance celtique et est plutôt joli, mais là encore c'est un peu en décalage avec le reste.


Vous l'aurez compris, j'ai été franchement déçue par cet anime. Il y a beaucoup de potentiel, mais il n'est pas du tout exploité, et on se demande ce qui est passé par la tête du réalisateur à vouloir faire une série si courte qui mélange des genres si différents. La fin qui aurait pu être épique et pleine d'émotions si le reste avait suivi tombe à plat, et on oublie bien vite cet univers. Mieux vaut se pencher sur Usagi Drop ou sur des séries plus "anciennes" comme Tokyô Magnitude 8.0 ou même Lovely Complex (toutes d'un genre différent, certes ^^) si l'on veut regarder quelque chose chez Wakanim.

13.11.2011

[Anime] Usagi drop (Un drôle de père)

Titre japonais : うさぎドロップ

Nombre d'épisodes : 11 épisodes

Année de production :
2011

Licence en France :
Wakanim

Fiche : Animeka ; ANN


Même si je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire (comme tant d'autres manga), j'avais entendu parlé du manga Un drôle de père. Et puis au début de l'été, j'ai entendu parlé d'un anime qui s'appelait Usagi Drop. Comme je suis toujours un peu à la ramasse question actualité anime, il m'a fallu quelque temps pour me renseigner sur l'anime en question et voir un peu quel était son genre. Tranche de vie, famille, c'est pour bibi c'est sûr ! Et après ça, j'ai enfin fini par faire l'association entre le titre français choisi pour le manga et le titre original japonais !

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J'ai pu voir les premiers épisodes qui étaient proposés gratuitement sur Wakanim, et comme justement peu de temps après l'éditeur a mis à disposition tout son catalogue gratuitement pendant deux semaines pour fêter son premier anniversaire, j'ai en fait pu voir l'intégralité des 11 épisodes gratuitement.

Usagi Drop raconte l'histoire de Daikichi, trentenaire célibataire, qui découvre en même temps que le reste de sa famille aux funérailles de son grand-père que celui-ci a une fille de cinq ans, Rin, qu'il a eu avec une femme beaucoup plus jeune qui venait faire le ménage chez lui et qui a disparu sans laisser de trace à sa mort. Tout le monde dans la famille a une bonne excuse pour ne pas s'occuper de la petite Rin, qui n'a évidemment pas choisi de se retrouver dans cette situation. Daikichi va décider d'accueillir Rin chez lui, et la présence de l'enfant va énormément changer son quotidien.

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On est tout de suite marqué par le dessin des personnages et des décors : les traits et les coloris changent vraiment de ce qu'on a l'habitude de voir, et j'ai pour ma part vraiment apprécié. Les personnages sont très expressifs, et les décors aux teintes un peu délavées semblent très proches des dessins du manga original. Le doublage est excellent et rend tous les personnages attachants, à commencer par notre duo père/fille pas comme les autres.

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Au fil des épisodes, Daikichi et Rin apprennent à se connaître et s'adaptent chacun à leur nouvelle vie. Comme Daikichi l'avait deviné, ce n'est pas évident d'élever seul un enfant, mais il assume totalement son choix et les sacrifiques qu'il implique. Rin doit elle faire le deuil de ce père qu'elle appelait grand-père et prendre de nouveaux repères à la crèche puis à l'école primaire. D'abord timide, elle s'avère être une petite fille débrouillarde et pleine de vie, vraiment adorable comparée à la nièce de Daikichi, une vraie petite peste capricieuse.

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Un grand nombre de questions très contemporaines liées à la famille sont abordées avec finesse à travers les personnages de Daikichi et Rin, mais aussi à travers les autres personnages. La cousine de Daikichi, mère au foyer élevant sa fille unique, représente la famille japonaise typique. La mère de Kôki, le garnement qui va devenir l'ami de Rin (et qui est vraiment crevant comme gosse, dans tous les sens du terme ^^), est divorcée et représente donc un autre type de famille. Ces thèmes se rapprochent plus pour moi de ceux que j'ai l'habitude de voir dans des drama, et c'est vraiment sympa de les retrouver dans un anime.

La bande sonore, jolie et discrète, colle très bien à l'univers. L'opening de PUFFY passe très bien (et les images du générique sont toutes jolies ^^),  et la chanson de l'ending est également sympathique.


Usagi Drop est un véritable petit délice de quotidien et de douceur, jamais trop dramatique, toujours extrêmement touchant et souvent très drôle avec ses personnages plus vrais que nature. Le dernier épisode arrive bien vite, et si on en aimerait évidemment plus, surtout que l'on sait que le manga va plus loin, la fin n'est pas trop abrupte et le format court de 11 épisodes convient bien au genre de l'histoire.

Wakanim a fait un très bon choix en choisissant cette série. Ca doit être un des bons points du streaming, j'imagine qu'il ya moins de risques qu'en sortant directement des DVD, mais ça fait plaisir d'avoir la série en France, ça n'était pas forcément le choix qui s'imposait le plus pour un éditeur. Vu que Kaze est pas mal branché noitaminA, on peut penser qu'on aurait pu compter sur eux si Wakanim n'avait pas été là. En tout cas, je suis preneuse s'il y a un coffret DVD, je conseille aux adeptes des DVD d'attendre leur sortie, c'est un excellent achat à faire. Et pour ceux qui se contentent du streaming, c'est à tester d'urgence :). Et j'espère qu'on pourra bientôt voir les 4 épisodes spéciaux !

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Et puis avec ça, évidemment, j'ai envie de lire le manga ! C'est un investissement, car les volumes (édités chez Akata/Delcourt) ont un format assez grand et sont donc plus chers que les manga ordinaires. Mais bon, justement, les grands formats, j'en n'ai pas beaucoup, et c'est beau quand même ^^. Ah, et il y a aussi l'adaptation en film, qui me tente bien vu que c'est Matsuyama Kenichi qui incarne le personnage de Daikichi. J'imagine tout à fait l'acteur dans ce rôle !

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