01 septembre 2009
Bla bla littérature : Les livres à lire prochainement
Si j'ai déjà fait des listes pour les dramas ou les anime que je veux voir, des fois j'ai presque envie d'en faire aussi pour les livres. Mais je crois que j'en verrais jamais le bout ! Entre mes auteurs fétiches dont j'essaie de lire toutes les oeuvres ou presque, les grands classiques (littérature français pour l'instant, mais il y aurait fort à faire ailleurs aussi) et mon envie de continuer un peu à mieux connaître la littérature japonaise, y'a du boulot ! Sans bien sûr parler de ce que je peux découvrir au hasard des blogs ou grâce à ma bibiliothécaire privée ^^.
Commençons un peu par les auteurs dont j'ai déjà un peu parlé ici. Claude Izner par exemple, je n'ai pas encore eu l'occasion de lire le dernier tome des aventures de Victor Legris, sorti en début d'année. Je n'ai pas encore lu non plus le dernier Douglas Kennedy (Quitter le monde), qui d'après les échos que j'ai eus a l'air bien mieux que le précédent. Pour ce qui est de Zola, je voudrais lire la trilogie des Trois villes ainsi que les Quatre Evangiles. Vu la taille de tous ces volumes, y'en aura pour un bout de temps, mais c'est Mimile, quoi !
Il faut aussi que je lise le dernier Michael Connelly (Le verdict de plomb), et j'ai aussi envie de relire les plus anciens. Il faudrait que je fasse un article sur lui, j'ai quand même quasiment lu tous ses romans au moins une fois, c'est pas rien. J'aimerais bien lire d'autres Natsuo Kirino, mais apparemment il n'y en a pas d'autres disponibles en français, et je vois pas l'intérêt de lire une traduction en anglais. Par contre, si je veux lire des romans en version originale en anglais, j'ai deux ou trois Kazuo Ishiguro à ma disposition. Ca fait longtemps que je veux me mettre à lire en anglais car ça serait très bien, mais je n'ai jamais trouvé le bon moment, c'est vrai que ça demande plus d'efforts que de lire en français, on n'a pas forcément envie de ça quand on veut lire pour se détendre.
Pour ce qui est de Haruki Murakami, je lis en ce moment Danse, danse, danse, et après ça il y en aura encore quelque uns, en particulier Les amants du Spoutnik et L'éléphant s'évapore. Ah et puis en parlant de Murakami, j'avais dit aussi que je llirai "l'autre", Ryu Murakami. En littérature japonaise, il y a aussi tous les auteurs que j'ai découverts grâce à mon cours d'histoire de la littérature. J'ai déjà lu Je suis un chat de Natsume Sôseki, que j'ai adoré. Je compte donc bien lire d'autres romans de cet auteur, reste à savoir par lequel commencer. J'ai moins aimé Le jeune homme de Mori Ogai (mais il faudra quand même que je lise au moins La danseuse), mais j'ai bien apprécié la nouvelle Scènes d'été de Nagai Kafu. Et il faudra aussi que je lise Tanizaki (notamment Quatre soeurs/Bruine de neige) et Mishima.
Pour rester sur le thème du Japon, mais plus en littérature japonaise, il y a aussi les deux tomes du Clan des Otori de Lian Hearn qui m'attendent. Et puis je l'ai dit l'autre jour dans ma note sur Le comte de Monte-Cristo, je veux lire d'autres Dumas. La semaine dernière j'ai regardé le téléfilm La dame de Monsoreau et ça m'a bien plu, je commencerais donc bien par ça, ou bien La reine Margot avant, question de chronologie. Et puis je me mettrais bien un peu à Balzac (le seul que j'ai lu étant Le père Goriot il y a des années), mais si j'accroche faudrait pas non plus que l'idée me vienne de lire toute la Comédie humaine ^^.
Et si on rajoute toutes mes manies de lire et relire, j'avais repris quelques Arsène Lupin il y a déjà pas mal de temps, j'aurais bien envie de continuer car il en reste que je n'ai lus qu'une fois ^^. J'aurais aussi envie de me refaire Le secret de Ji et Les Enfants de Ji, les deux cycles fantasy de Pierre Grimbert que je trouve vraiment excellents. Et puis si je voulais continuer dans la fantasy, il y a quelques grandes séries que j'ai repérées depuis longtemps déjà. Enfin bref, même si j'avais autant de vies qu'un chat je n'aurais pas assez de temps ^^.
09:18 Publié dans J'raconte ma life, Romans et autres livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, romans, littérature, bla bla, journal intime
23 août 2009
Le comte de Monte-Cristo
Ca faisait longtemps que je voulais lire le fameux roman d'Alexandre Dumas père, et ceci pour deux raisons. La première, c'est que même après avoir passé près d'un an et demi à lire du Zola, ce n'est pas pour autant que j'ai fait le tour des oeuvres et auteurs classiques et j'ai encore du boulot de ce côté-là. Et bien sûr, ma préférence va pour l'instant aux auteurs du 19ème siècle. La deuxième, c'est que je veux revoir depuis longtemps l'anime Gankutsuou, et qu'avant de le faire je m'étais promis de lire l'oeuvre dont la série était adaptée pour pouvoir avoir un autre regard dessus.
J'ai fini par me lancer tout début juin, et ça m'a pris deux mois jour pour jour à lire les deux gros volumes de près de 800 pages qui composent l'oeuvre. J'avais beau être habituée aux pavés de Mimile, c'était quand même assez imposant. Mais je me suis vite rendu compte qu'il ne fallait pas du tout s'arrêter à ça. Le roman était originellement paru sous forme de feuilleton dans un journal, les chapitres ne sont généralement pas longs et on peut calquer son rythme de lecture sur ce découpage. Cela fait aussi que la structure de l'histoire est bien nette et que le style est très abordable tout en étant riche.
Tout le long de ma lecture, j'ai eu en tête mes souvenirs des personnages de Gankutsuou, mais je me suis aussi forgé une nouvelle image des personnages et de l'univers avec les mots de Dumas. Je connaissais les grands traits de l'histoire, mais ça ne m'a en aucun cas gâché le plaisir de lire et de découvrir la suite des événements. Il faut dire que comme l'anime ne prend pas en compte le premier quart de l'histoire, je ne connaissais pas tout ce qui précède la mise en oeuvre de la vengeance d'Edmond Dantès : sa vie à Marseille, comment il se retrouve emprisonné au château d'If, toutes ses années passées là-bas, sa rencontre avec l'abbé Faria et tout ce qui s'ensuit.
Le personnage du comte de Monte-Cristo et la façon générale dont Dumas l'évoque m'ont fait pensé à Maurice Leblanc et son héros Arsène Lupin. Ce n'est certes pas la même époque ni le même contexte, mais le mystère qui règne autour des personnages, à tel point qu'ils en sont presque surnaturels ainsi que la façon d'évoquer leur force de caractère, la maîtrise de leurs émotions, m'a semblé assez similaire et j'ai donc beaucoup aimé. Dumas renforce volontairement ce mystère car il ne dit jamais explicitement ou presque que Dantès est Monte-Cristo, que Monte-Cristo est l'abbé italien ou le lord anglais. Ces multiples identités, c'est également très "lupinesque". La seule chose que j'ai trouvée "bizarre" chez l'auteur, ou du moins dans son texte, c'est sa vision de la religion et le caractère divin donné au héros. Je préfère personnellement le regard on ne peut plus critique de Zola, mais ça n'en reste pas moins intéressant.
Bien sûr, le roman a également une large dimension historique et j'ai dû pour ça rouvrir mes livres d'histoire (ou plutôt aller faire un tour sur Wikipedia ^^). Si avec Zola j'avais repéré les grandes lignes des événements historiques à partir de la deuxième république jusqu'à la fin du second empire, la période antérieure évoquée par Dumas m'était plus obscure. Il faut dire que c'est encore une période qu'on ne voit pas en détail en cours d'histoire à l'école, et qui est en plus riche en changements. Restauration, cent jours de Napoléon, deuxième restauration, monarchie de Juillet, voilà de quoi il s'agit étant donné que l'histoire débute en 1815 pour se terminer à la fin des années 1830.
Et il est bien sûr fort intéressant de voir comment l'auteur traite ses aspects historiques par rapport à ce qu'il a vécu lui-même. Pour ça et pour bien d'autres points, la préface m'a bien aidée, ça valait le coup de la lire. J'ai une édition du Livre de Poche de 1998 avec une introduction et des chronologies, je sais pas si toutes les éditions l'ont mais c'est bien pensé. Autre fait lié directement à l'époque et au contexte dans lequel l'écrivain a vécu et écrit l'oeuvre : sa façon de décrire l'Orient. Il s'agit d'un Orient au sens très large, et il est décrit comme une contrée aussi mystérieuse que merveilleuse, j
Il est fréquent que l'auteur interpelle directement son lecteur en lui rappelant des faits par exemple. C'est d'un sens assez étrange, mais c'est le format feuilleton qui veut ça, et ça donne une certaine unité au récit, on sent bien que l'auteur sait où il veut en venir, et il nous y conduit lentement mais on ne peut plus sûrement, il n'y a pas une seule étape inutile. J'ai vraiment admiré la façon que l'auteur a de tisser une véritable toile à travers les différents événements et différents protagonistes évoqués.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse des personnages ou de l'histoire car ce sera du gâchis, mais en conclusion je dirai que je recommande vraiment ce roman. Ce n'est pas un vieux pavé illisible, c'est un formidable récit de voyages, d'aventure, de suspense, avec un personnage principal fascinant. C'est tout à fait abordable, un chapître par jour ça passe comme une lettre à la Poste, en général j'en lisais même deux voire trois car je voulais savoir ce qui allait se passer. J'ai maintenant envie de lire d'autres romans de Dumas, même si je sais que la Reine Margot ou les Trois Mousquetaires auront bien sûr un contexte historique bien différent. Et j'ai encore plus envie de m'intéresser à l'histoire du 19ème siècle ^^.
08:59 Publié dans Romans et autres livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : roman, litérature, livre
16 mars 2009
Japonographie 2
Il y a un an déjà, j'avais présenté quelques ouvrages que j'avais lus en rapport avec le Japon. Il est temps de présenter une deuxième petite série, qui n'est pas aussi longue que je le voudrais, même si j'essaie toujours d'avoir un livre "d'informations" en route, en plus d'un roman et d'un manga. Faut croire que mes trajets en train sont pas assez longs :p.
L'ouvrage Japon, peuple et civilisation, écrit sous la direction de Jean-François Sabouret et publié chez La Découverte, regroupe en six grands thèmes (territoire et population, civilisation et religions, histoire, lettres, arts traditionnels, arts du spectacle) un grand nombre d'informations. Un panorama du Japon très facile à lire et qui constitue une excellente introduction à tous les sujets abordés.
L'abécédaire du Japon (chez Picquier) de Takashi Moriyama présente comme son nom l'indique sous forme de liste alphabétique un grand nombre de mots-clés. Ce qui est intéressant, c'est le regard particulier de l'auteur, Japonais ayant vécu longtemps en Europe. Aussi drôle qu'informatif !
Le Japon au 20ème siècle (par Jacques Gravereau, chez Points dans la collection Histoire) est un ouvrage que j'ai trouvé particulièrement intéressant. Il ne s'agit que de faits, mais l'auteur les présente de façon telle qu'il y a presque du suspense si l'ont peut dire. Excellent pour entrer plus dans les détails de cette période de l'histoire japonaise.
Homo Japonicus (Picquier) est un autre ouvrage que j'ai trouvé passionnant. L'auteur, Muriel Jolivet, a rassemblé une multitude de témoignages d'hommes japonais qui nous apprennent énormément sur leur vie et leur société. Travail, vie de famille et vie de couple sont passés au crible et l'auteur va bien au-delà de l'image du salaryman qui s'épuise à faire des heures supplémentaires pour ramener de l'argent à la maison (ce sujet est très bien traité) pour nous présenter une multitude d'autres gens et ainsi montrer que les Japonais ne sont pas des fourmis toutes identiques. Chaque témoignage se lit presque comme une nouvelle et est suivi d'un commentaire de l'auteur. La démarche est vraiment excellente.
Fantômes du Japon (Le serpent à plumes) est un ouvrage de Lafcadio Hearn regroupant de nombreux contes et légendes japonais classés par thème. L'auteur a rassemblé ces récits lui-même, ses sources étant aussi bien orales qu'écrites. C'est donc un livre très intéressant, à la frontière entre texte littéraire et informations sur le folklore japonais.
Mille ans de manga est un beau livre publié chez Flammarion écrit par Brigitte Koyama-Richard. On traverse l'histoire du Japon pour découvrir les nombreux éléments de l'art et la culture japonaise à l'origine des mangas comme on les connait aujourd'hui. Rouleaux peints, estampes et carricatures sont ainsi évoqués, pour finir par l'apparition du manga moderne et la focalisation sur quelques auteurs en particuliers. Evidemment, l'ouvrage est bourré d'illustrations, avec notamment des mises en parallèle très efficaces. Le point de vue de l'auteur sur les mangas est vraiment appréciable.
C'est tout pour cette fois mais bien sûr, la suite est déjà en partie programmée, et en partie sur mes étagères ! ^^
14:14 Publié dans Romans et autres livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, japon
11 février 2009
Natsuo Kirino
J'ai achevé il y a quelques jours le dernier des trois romans de cette auteure disponibles en français et il faut absolument que j'en parle car j'ai vraiment adoré. Les romans de Kirino sont présentés comme des polars. C'est clair qu'il y a des meurtres, des disparitions d'enfants, des enquêtes. Mais tout ça, ce n'est qu'un prétexte pour faire connaissance intimement avec les personnages principaux : des femmes. Même en ayant encore lu très peu d'auteurs japonais, j'ai tout de suite senti cette façon de présenter et de décrire les femmes si particulière et si différente des points de vue masculins.
C'est vraiment passionnant d'avoir une autre vision de la société japonaise, et l'image de la bonne petite épouse réservée en prend plus d'un coup : adultère, meurtre, prostitution... Ce qui est aussi intéressant, c'est qu'on a affaire à des gens de milieux sociaux différents, et aussi à des gens "à part" dans la société, tels les travailleurs brésiliens ou les métisses. C'est très noir, très cru, peut-être encore plus justement car il s'agit de femmes. Bien entendu, les opinions sur les hommes sont souvent peu flatteuses (euphémisme !). Je me demande bien ce qu'ils peuvent en penser d'ailleurs, qu'ils soient Japonais ou pas.
Je ne peux pas dire lequel des trois romans j'ai préféré, car malgré leurs points communs, ils restent bien différents et méritent tous d'être lus. Fait étrange Monstrueux n'a pas été traduit directement du japonais au français : on est passé par la traduction anglaise. Je croyais que ça ne faisait que pour les jeux vidéo moi, pas chez les grandes maisons d'édition...
- Disparitions : Le premier des Kirino que j'ai lu, l'été dernier. J'ai beaucoup apprécié le mode de narration alternant entre passé et présent, où l'on semblait se perdre dans les pensées de Kasumi, le personnage principal. On alterne aussi entre les personnages, avec Utsumi particulièrement. J'ai trouvé sa relation avec Kasumi vraiment touchante. Tout le long du roman on sent vraiment une tension, une obsession de Kasumi à retrouver sa fille disparue, sa culpabilité à avoir tromper son mari, à négliger sa deuxième fille. La fin du roman est d'un sens très frustrante, mais elle est aussi parfaite.
- Out : Au coeur de ce roman, ou trouve quatre femmes qui travaillent à la même usine, la nuit. Elles sont toutes les quatre bien différentes mais leur point commun est d'avoir une vie familiale et /ou de couple pas vraiment épanouissante. Dans le train-train quotidien du travail et de la maison, les questions d'argent sont omniprésentes, surtout pour Kuniko, qui vit au-dessus de ses moyens, et Yoshie, veuve qui a la charge de sa belle-mère. La façon dont les événements sanglants vont se mêler à ce quotidien et le caractère vraiment spécial de Masako, celle des quatre femmes qui prend la direction des "affaires", donnent un ton vraiment particulier.
- Monstrueux : Deux prostituées proches de la quarantaine, Yuriko et Kazue, se font assassiner à quelques mois d'intervalle. Il ne s'agit pas de savoir qui l'a fait, mais comment elles en sont arrivées là. On plonge donc dans leur passé par l'intermédiaire de celle qui était la soeur de la première et la camarade de classe de la seconde. Personnage rempli de désillusions qui semble se détester elle-même autant qu'elle déteste les autres. Vraiment très intéressante, mais on fini vite par se demander qui est la plus détestable des trois femmes ! Obsession de la beauté, obession de la réussite, toujours dans ce monde mené par les hommes et avec le constat bien triste que la seule façon pour une femme d'avoir du pouvoir est avec son corps. Avec encore une fois une fin vraiment déconcertante !
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26 janvier 2009
Le clan des Otori
Alors que j'ai terminé la trilogie de départ il y a quelques semaines, il faut bien que je fasse une petite note sur cette excellente histoire d'aventures qui se déroule dans un monde imaginaire basé sur le Japon féodal. Si au départ j'ai trouvé étrange la petite touche fantastique apportée par le fait que certains personnages ont des pouvoirs, cela s'intègre en fait parfaitement bien à l'univers. Ce n'est pas une simple copie du Japon, c'est un vrai univers simple et cohérent. Mais c'est tout de même super intéressant de faire les parallèle entre les personnages, lieux, événements et aussi les religions.
Les romans sont écrits dans un style très simple mais pas du tout pauvre, ça se lit très facilement et je trouve que la traduction française est tout à fait bien. La narration est alternée entre Takeo et Kaede, les deux personnages principaux, et on a parfois même le point de vue d'autres personnages. Ces différents points de vue sur les mêmes événements sont vraiment bien fichus et participent bien à la dynamique du récit. Les surprises sont au rendez-vous tout le long, et mon seul reproche à faire est peut-être sur la fin qui est trop rapide.
Les deux jeunes héros sont très réussis : Takeo qui se retrouve tiraillé entre ses différentes origines et change très vite au fil des événements, Kaede qui essaie de s'imposer dans un système où les femmes n'ont aucun pouvoir et aucune reconnaissance. Les moments d'action alternent avec des moments plus calmes que certains pourraient trouver trop long mais qui je trouve permettent de mettre en valeur non seulement les personnages mais aussi une certaine conception du temps dans des lieux où on ne se déplace qu'à pied ou à cheval et où le passage de chaque saison est important.
En bref, un vrai régal, de l'aventure avec un grand A ! Deux autres tomes se sont ajoutés à la trilogie originelle, un dont l'histoire se situe après et l'autre avant. J'ai déjà plein de choses à lire mais c'est sûr que je tarderai pas à mettre la main sur ces deux-là ! J'ai vu qu'une adaptation en film était prévue. Si c'est bien fait, ça peut donner quelque chose de bien sympa et pestaculaire !
Le Clan des Otori, Lian Hearn, disponibles en poche chez Folio.
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14 janvier 2009
Haruki Murakami
Quand j'ai décidé de me mettre à la littérature japonaise, j'avais déjà en tête le nom de Murakami. Pas bien étonnant, c'est quand même un des auteurs japonais les plus connus en France. J'ai commencé à lire un de ses romans voilà un peu plus d'un an, j'en ai maintenant lu sept et ce n'est pas fini.
On dit de Murakami que ses histoires sont fantastiques tout en étant ancrées dans le quotidien. C'est bien vrai, mais le mot "fantastique" recouvre tellement de choses et son fantastique à lui est tellement spécial qu'il faut vraiment lire pour se rendre compte. Un vieil homme qui parle aux chats et qui fait pleuvoir des sangsues, ce n'est pas réel c'est sûr. Mais ce qui est le plus étonnant, c'est la façon dont c'est raconté, qui nous fait croire que c'est normal au même titre que de se préparer du café le matin ou d'aller acheter le journal.
Pour parfaire cet univers décalé, les héros de Murakami ont toujours des réflexions ou des dialogues très particuliers sur des sujets qui le sont tout autant. Plutôt que de m'emmêler les pinceaux dans des descriptions, rien ne vaut un magnifique exemple : "A mon avis, généralement parlant, la dignité humaine d'une personne transparaît dans sa façon de choisir un canapé". Il y en a des tonnes comme ça, et on passe toujours de situations sérieuses voire tragiques à des passages de ce genre. Rien que les titres de chapitres quand il y en a sont un régal !
Les héros de Murakami sont la plupart du temps des hommes d'une trentaine d'années vivant dans les années 70. Leur passé tient toujours une place importante dans l'histoire, et ils ont aussi très souvent des problèmes avec leur femme. Ils ont une vie tranquille mais quelque chose vient soudainement les perturber, un peu à la façon des romans de Douglas Kennedy. Un autre point commun à de nombreux romans, c'est la présence en pointillés de l'histoire japonaise, particulièrement de l'époque de la guerre.
Je ne vois pas quoi ajouter à part : lisez ! Pour finir cette note, je dirai donc un petit mot sur chacun des romans de Murakami que j'ai lus :
La ballade de l'impossible - Sûrement le moins "fantastique", mais aussi le plus touchant
Le passage de la nuit - Une ambiance vraiment étrange dans cette histoire assez courte qui se déroule sur une seule nuit.
La fin des temps - J'aime beaucoup le principe d'alternance de la narration d'un chapitre à l'autre. L'histoire imaginée est tout simplement énorme, je crois que c'est mon Murakami préféré.
Chroniques de l'oiseau à ressort - Le roman le plus long (il est au départ en trois volumes). Encore une fois une aventure loufoque à souhait, mais je regrette un peu le manque d'indices au bout du compte, même si ça fait "partie du jeu".
Kafka sur le rivage - On a cette fois-ci affaire à un adolescent et non pas à un trentenaire. Le mélange réalité/fantastique est vraiment prononcé, et surtout les frontières entre les deux sont floues.
Au sud de la frontière, à l'est du soleil - Un autre trentenaire qui semble avoir réussi sa vie ma qui se pose des questions et va être surtout perturbé par une femme surgie de son passé. Je trouve que cette femme reste quand même un peu trop mystérieuse, même si c'est dû au fait qu'on reste strictement du point de vue du héros.
La course au mouton sauvage - Tout juste terminé hier ! Subtil dosage entre "l'irréel absurde" avec la petite amie aux oreilles si spéciales, le mouton qui entre dans les esprits et l'homme-mouton, l'histoire (celle d'une bourgade de Hokkaidô) et le quotidien.
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26 novembre 2008
Les Rougon-Maquart, cinquième et dernière partie
Hé oui, enfin, mieux vaut (très très) tard que jamais, je fais enfin ma dernière note sur Mimile. Ce qui est clair, c'est qu'il ne s'est pas du tout relâché sur la fin de son cycle, bien au contraire !
La Bête Humaine m'a vraiment passionnée de par son contexte : le chemin de fer. Et pas n'importe quelle ligne, celle que je prends tous les jours ou presque. Si Rouen n'est pas beaucoup évoquée, il y a bien sûr Paris et Le Havre mais aussi Barentin. Le train est omniprésent et est au coeur des moments les plus tragiques du roman, car bien sûr, il y en a, et ils ont une dimension encore un peu différente que dans les autres livres. La Bête Humaine a je trouve un côté très polar, avec ses meurtres, ses mystères et ses machinations. Cela lui donne un côté très moderne si l'on peut dire. Et puis, c'est vrai que les thèmes du désir ou de l'argent souvent évoqués par l'auteur sont eux aussi toujours d'actualité.
N'ayant pas trop apprécié le personnage de Saccard dans La Curée, je ne m'attendais pas à apprécier autant L'Argent, où on le retrouve. Mais de par son univers et la présence de Caroline, superbe personnage de femme amoureuse. Dans ce roman, on est plongé dans les débuts du capitalisme, au coeur de la Bourse et de toutes ses spéculations. Les fortunes se font et se défont à une vitesse impressionnante, et Zola décrit à merveille la façon dont l'argent est élevé au rang de dieu. Le contexte de la conquête économique de l'Orient par les Français (et les Occidentaux en général j'imagine) est passionnant, tout comme l'évocation de la fin de la noblesse et de la signification de la propriété terrienne, qui semble ne plus valoir grand chose face aux actions.
Si tout le long du cycle des Rougon-Macquart le contexte historique a une grande importance, c'est d'autant plus vrai dans La Débâcle, dont le thème est la guerre de 1870. Le livre a d'abord été pour moi une véritable leçon d'histoire, car je ne me souviens pas avoir vu en détails la guerre franco-prussienne ou la Commune pendant mes cours de collège ou de lycée (de toute façon, le 19ème c'est Napoléon 1er, et après on passe à la 1ère guerre mondiale, ou presque...). Là encore, les talents de récit et de description de Zola se montrent diablement efficaces pour dépeindre l'horreur et l'absurdité de la guerre. On retrouve le personnage de Jean Macquart, héros de La Terre et au bout du compte l'un des Rougon-Macquart les plus "normaux". Il se retrouve au coeur d'une histoire d'amitié d'autant plus touchante que son contexte est tragique d'un bout à l'autre.
Last but not least, Le docteur Pascal conclue le cycle de façon magistrale. Retour à Plassans, là où tout a commencé. A travers les recherches de Pascal Rougon et différents événements de l'histoire, Zola nous offre de "prendre des nouvelles" de la plupart des personnages qui ont été au coeur des 19 romans précédents. Bien sûr on savait déjà certains morts, mais il y en a d'autres qui auront une fin pas très héroïque, pas étonnant. Mais ce qui est au coeur de ce dernier volume, c'est l'histoire d'amour entre Pascal et sa nièce Clotilde. Inceste et différence d'âge à la fois, il fait fort le Mimile. Bien sûr, comme toutes celles qui ont précédé, l'histoire comporte son lot de tragique, mais ce qui en ressort le plus, c'est cette volonté de vivre pleinement sa vie, l'idée que malgré tout ce qu'il peut arriver la vie est bonne. Ca, ça me plaît vraiment bien.
Ayé, c'est fait ! Formidable expérience que d'avoir lu ces vingt romans, et quand j'y pense j'ai déjà envie de les relire. C'est sûr que je le ferai au moins une fois, c'est tellement riche ! Cela m'a également donné envie de me pencher sur d'autres classiques. Tellement de choses à lire et à découvrir !
Mise à jour : Voici les liens vers les autres notes sur les Rougon-Macquart :
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13 juillet 2008
Les Rougon-Macquart, quatrième partie
Mieux vaut tard que jamais, dimanche littéraire avec la suite de mes "commentaires" sur les romans de Zola. Le temps continue de passer, et vu la densité et la richesse de l'oeuvre, j'ai bien du mal à me souvenirs des détails, mais quand je repense à tel ou tel roman je sais toujours dire en gros pour quelles raisons il m'a marquée ^^.
Certains romans de la série sont plus connus que d'autres, et c'est encore plus vrai pour Germinal. J'avais justement vu le film peu de temps avant d'entamer le livre, mais bon avec Mimile pas besoin d'avoir vu de vraies images pour s'imaginer l'univers qu'il décrit tellement c'est bien fait. Mais non, je ne me répète pas !
Avec cet "épisode" on est une nouvelle fois bien loin de Paris, et le monde des mines présenté par l'auteur est aussi effrayant que fascinant si je peux dire. J'apprécie les oeuvres de Zola parce qu'elles se placent dans un contexte historique riche et précis, c 'est plus que jamais le cas ici avec l'évocation de toute une classe sociale et des débuts du socialisme. Comme dans l'Assommoir, l'auteur se montre particulièrement dur avec ses personnages, comme pour montrer à quel point le sort peut s'acharner. Et comme d'habitude, quand on va lorgner du côté des bourgeois, ce n'est pas bien joli. Quand on lit cette histoire au début du 21ème siècle, c'est extrêmement intéressant de voir ce que représentait au 19ème le 20ème siècle qui était encore à venir.
Avec l'Oeuvre, on retourne à Paris et l'on se retrouve dans un milieu très différent mais tout aussi passionnant, celui des artistes, et plus particulièrement des peintres. Je n'ai pas eu l'occasion de trouver des détails sur ce sujet, mais il est très facile de se rendre compte que pour les personnages de Claude Lantier et de Paul Sandoz, l'auteur s'est inspiré de Cézanne et de lui-même. Alors qu'aujourd'hui et depuis un certain temps l'impressionisme est admiré et considéré comme un style classiqus si l'on peut dire, il est passionnant de voir à l'époque que c'était loin d'être le cas. Le personnage de Claude, oscillant entre génie et folie, donnant à son art plus de valeur qu'à sa femme et à son fils, est fascinant.
Encore une fois un lieu et un milieu très différents dans la Terre. Comme le nom le montre, on est cette fois dans le monde paysan. Je me trompe sûrement mais on a comme l'impression à la lecture de cet épisode que l'auteur connait pour une fois un peu moins le milieu dont il parle. Je ne vais pas prétendre quoi ce soit sous prétexte que mes parents et grands-parents étaient agriculteurs. Mais même s'il est très dur avec les bourgeois, avec les ouvriers ou qui sais-je encore, mais j'ai eu l'impression qu'il considérait les paysans encore autrement, comme des bêtes presque. Mais celà n'enlève en rien l'intérêt du livre, et Jean est un personnage très intéressant, surtout quand on sait qu'on aura l'occasion de le revoir. L'auteur montre également combien les hommes peuvent être impuissants face à la nature, et comme il le fait pour les ouvriers dans Germinal, il nous expose l'avenir du monde paysan pour le 20ème siècle. Très important aussi, le dilemme paysans/ouvriers : si le pain est cher, l'ouvrier ne peut pas manger à sa faim, si le blé se vend à bas prix, c'est le paysan qui est dans la misère.
J'ai trouvé que Le Rêve était une sorte d'aparté dans la série, un peu comme l'avait été Une page d'amour, sûrement parce qu'Angélique, bien qu'elle soit une Rougon, a grandi bien loin de sa famille. L'histoire se déroule à Beauvais, et la religion est encore une fois très présente, la jeune fille vivant dans une maison accollée à la cathédrale. Angélique est vraiment touchante, et son histoire a comme un côté fantastique, surprenant mais fort appréciable je trouve. Il est intéressant de voir comment se déroule la vie dans une petite ville de province autre que Plassans. On a en plus le droit à une fin aussi belle que tragique, à tel point qu'on ne peut dire si elle est triste ou gaie !
Mise à jour : Voici les liens vers les autres notes sur les Rougon-Macquart :
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10 mars 2008
Japonographie
Ces derniers mois, en plus des romans et des mangas, j'ai lu un certain nombre de livres sur le Japon, en rapport plus ou moins direct avec mes cours, et je me disais que ce serait bien de les présenter rapidement, pour ceux qui seraient intéressés.
Commençons par l'histoire, avec les deux tomes de l'Histoire du Japon et des Japonais d'Edwin O. Reischauer (Points). Excellent pour avoir un aperçu global de l'histoire du pays avant d'entrer plus dans les détails, pas cher et pratique grâce à son format poche. Pour m'aider dans mes cours d'histoire, j'ai fait l'acquisition de livre Le Japon, dictionnaire et civilisation (Louis Frédéric, chez Robert Laffont).
Cöté économie et société, j'ai lu le très concis et efficace Economie du Japon (Evelyne Dourille-Feer, La Découverte, collection Repères). Bien qu'il soit déjà assez vieux, j'ai aussi lu Japon, troisième grand (Robert Guillain, Points). C'est intéressant de voir la vision du Japon qu'on avait à la fin des années 60 et comment les "prévisions" de l'auteur pour les décennies à venir se sont vérifiées, ou pas.
Le dossier Le Japon, une puissance en question, publié par la Documentation française est très intéressant, en partie car il contient des photos et autrs documents. L'auteur, Philippe Pelletier, reprend quelques unes des thématiques de ce dossier dans son livre Le Japon, paru dans la collection Idées reçues du Cavalier bleu. Comme le nom de la collection l'indique, l'auteur expose un certain nombre d'idées reçues concernant le Japon dans des domaines divers, et sans les démentir, cherche plutôt à les nuancer et les expliquer. Fort intéressant, sauf quand il fait l'amalgame anime + jeu vidéo = otaku = déséquilibré...
Pour finir, un beau livre très intéressant sur un sujet tout à fait différent : Kimonos, de Sophie Milenovich. Tout est dans le titre ! Plein d'infos sur l'histoire du kimono, la façon dont il est fait, les différentes sortes (manches, tissus, ceintures...), les occasions lors desquelles il est porté aujorud'hui. Tout est présenté avec de très jolies photos, la mise en page est très jolie et très colorée. Vraiment agréable à lire et à regarder !
Plus de livres à venir d'ici quelques mois je pense. En tout cas, je suis contente, si l'on tape le nom tordu que j'ai mis à cette note dans Google, le seul résultat sera normalement cette page ! Mais oui, bien sûr que c'est totalement débile :p
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03 mars 2008
Les Rougon-Macquart, troisième partie
Je laisse tomber les titres plus débiles qu'accrocheurs et je me décide enfin à faire ma troisième note sur le cycle des Rougon-Macquart, que j'ai quand même terminé il y a plus de huit mois. On me pardonnera donc mon manque de précision, mais bon comme je l'avais déjà dit, je n'ai aucune ambition de critique ou d'analyse, mais je tiens juste à faire ces notes car ces lectures m'ont vraiment marquée.
Nana est l'un des deux seuls Rougon-Macquart que je connaissais déjà avant de décider de lire tout le cycle. En effet, c'était une des oeuvres complètes que j'avais étudiées pour le bac de français. Je n'avais pas du tout accroché à la pièce de Marivaux qui était aussi au programme, mais Nana, je l'avais lu sans problème. Il faut dire que le prof de français que j'avais était vraiment bien, ce qui fait que j'ai eu encore plus d'intérêt pour ce genre de textes et même si je n'ai jamais excellé en commentaire composé, je suis contente d'avoir pu acquérir certaines bases d'analyse. Mode lycée off.
Dans ses romans précédents, Zola avait déjà évoqué sans détours les moeurs de la bourgeoisie du Second Empire. Cette fois, il revient fort en faisant d'une fille de joie son personnage principal. Toute la force du roman réside dans le fait que l'auteur ne condamne pas cette jeune femme qui vit de son corps, mais la société dans laquelle elle vit. Les uns après les autres, les hommes – aristocrates ou d'origines bien plus modestes - lui servent de jouets, et finissent brisés et ruinés. Et Nana, cette "blonde grasse" pas très maligne, si excessive, qui connait des hauts et des bas si vertigineux, est en quelque sorte excusée. Tout au long du roman, de très beaux passages décrivant Paris et le monde des théâtres, et bien sûr la religion en prend de nouveau pour son grade. Sublime conclusion, la fin de Nana coïncidera avec celle de l'Empire.
Connaissant déjà le personnage d'Octave Mouret et l'appréciant beaucoup (voir roman suivant ^^), j'ai abordé Pot-Bouille avec grand plaisir. A travers le jeune Octave, Zola nous décrit le quotidien d'un immeuble bourgeois et des familles qui y habitent. Et sans surprise, il nous montre encore que tout ça n'est pas bien joli, entre les disputes pour un héritage, les ménages à trois, les manoeuvres pour marier ses filles, la malheureuse bonne engrossée par son maître qui abandonne son nouveau-né... Au milieu de ce petit monde, et grâce à ses nombreuses liaisons, on observe Mouret démarrer progrssivement sa réussite dans le commerce, qui atteindra son apogée dans le roman suivant.
Au Bonheur des Dames est, avec Nana, le seul Rougon-Macquart que je connaissais déjà avant. Je l'avais lu il y a bien longtemps, je devais être en cinquième. Pourquoi celui-là plutôt qu'un autre, je ne sais plus, je me souviens juste qu'il m'avait déjà beaucoup plus à l'époque. Et après l'avoir relu, et avoir lu tous les autres romans du cycle, il reste un de mes préférés. Sürement parce même si le roman comporte son lot de morts et de tragédies comme la plupart des autres, ce qui en ressort tout de même est un certain optimisme. D'abord à travers la description ô combien fabuleuse de ce monde tout nouveau des grands magasins, décrits comme des machines géantes et un peu monstrueuses, et de la fascination de Zola pour ce nouveau siècle qui allait venir. Ensuite avec une très belle histoire d'amour entre la jeune Denise et Octave Mouret. Le personnage de Denise est tellement attachant et si contemporain si l'on peut dire : sa lutte pour se faire accepter à son travail, son ascension dans le magasin, tout cela ce sont des choses que l'on pourrait encore vivre aujourd'hui, ce la crée une sorte de proximité avec la jeune fille, et une grande immersion dans le milieu où elle vit qui est si magnifiquement présenté. Je sais, j'insiste, mais c'est tellement beau, on s'y croirait tellement !
La Joie de vivre prend place dans un cadre tout à fait différent des onze romans précédents : jusqu'ici, on était soit à Plassans, soit à Paris. Là, on se retrouve dans un village de pêcheurs de la côte normande, la misère des faubourgs laisse donc place à celle des campagnes, qui n'est pas moindre. Quand Zola évoque des pêcheurs, il les décrit comme entêtés, comme il le ferait plus tard avec les paysans de La Terre. Le personnage principal est Pauline Quenu, que l'on a déjà rencontrée quand elle était enfant dans Le ventre de Paris. On voit celle-ci sacrifier son argent et même sa vie entière pour son cousin. La jeune fille, généreuse et gentille, naïve au point de se faire abuser par tous, aussi bien sa famille que les gens du village, est tout à fait surprenante et touchante. Lazare, avec ses emportements soudains, ses projets grandioses et ses désillusions, est un personnage que l'on peut trouver détestable. Cela prouve bien l'habileté de l'auteur à créer des personnages au caractère marqué et si bien décrit.
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