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02.06.2012

[Manga] Nekomura-san

Titre japonais : きょうの猫村さん

Auteur : Hoshi Yoriko

Nombre de volumes : 4, série en cours

Editeur en France : Kana, collection Made In

Fiche : Manga-news

 

Lorsque j'ai vu pour la première fois des volumes de ce manga en librairie, j'ai tout de suite été attirée par son nom et par le personnage qui ornait les couvertures. Un chat ! Un chat qui se tient debout, même ! J'ai mis la série dans la longue liste de manga que je voudrais lire qui ne se vide pas beaucoup vu le peu de temps que je consacre à cette activité, et j'ai failli plusieurs fois craquer pour un volume ou deux dans les boutiques d'occasion. Mais du coup, j'ai fini par lui préféré l'emprunt, et cette fois ce n'est pas la bibliothèque de Rouen qui m'a fournie mais ma bibiliothécaire privée ^^.

Nekomura-san est particulier sur bien des points. On remarque d'abord qu'à l'instar des autres séries publiées dans la collection Made in de Kana, son format est plus grand. Et quand on feuillette un volume, on s'aperçoit que toutes les pages ont le même découpage : deux grandes cases par page, ni plus ni moins. Cela joue évidemment beaucoup sur la narration et est lié au mode de prépublication hors du commun du manga : son auteur, Hoshi Yuriko, met en ligne chaque jour sur le site internet nekomura.jp une nouvelle case.

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Last but not least, le dessin n'a vraiment rien à voir avec ce qu'on s'attend à trouver dans un manga. Même si je n'ai pas tant lu de manga que ça, je sais très bien que les styles de dessin peuvent être hyper différents tout comme le chara design peut varier beaucoup dans un anime, mais là j'ai envie de dire que ça n'a vraiment rien d'un manga, et que si on ne connaissait pas le contexte de l'histoire, on ne devinerait pas du tout que c'est une oeuvre japonaise. On aime ou pas les traits hyper simplifiés des personnages et des décors, et pour ma part j'ai trouvé que cela formait vraiment un tout avec l'histoire et le format et que les dessins étaient très vivants.

L'héroïne qui donne son nom au manga, madame Nekomura, est une chatte qui travaille comme employée de maison par le biais d'une agence de placement. C'est d'ailleurs là-bas qu'elle loge, avec des collègues et la patronne de l'agence qui a bien voulu l'engager bien qu'elle soit une chatte. Madame Nekomura a appris à faire la cuisine et le ménage chez ses anciens maîtres. Mais une fois que le fils de la maison qu'elle chérissait tant fut parti pour de lointaines contrées, elle a senti qu'elle n'avait plus sa place là-bas et a décidé de gagner sa vie pour pouvoir apprendre les langues étrangères et rejoindre son jeune maître adoré là où il était.

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Notre courageuse chatte de ménage va être placée chez une famille aisée mais pas vraiment unie, les Inugami (leur nom n'a sûrement pas été choisi au hasard vu que inu signifie chien ^^). La maîtresse de maison insiste particulièrement sur le fait que madame Nekomura ne doit pas s'aventurer au fond du couloir et ouvrir la mystérieuse porte qui s'y trouve. Mais la minette est curieuse, et elle ne va pas pouvoir résister longtemps malgré les rumeurs de fantôme qui circulent dans le voisinage !

Très consciencieuse, madame Nekomura tente de faire au mieux pour tout le monde, ce qui n'a rien d'évident entre la cadette de la famille, Oniko, qui est en pleine crise d'adolescence, et les parents qui se font la tête car monsieur a une maîtresse et ne pense qu'à son travail. Le félin va petit à petit devenir le confident de chacun d'une façon ou d'une autre, et ce qu'on prend d'abord pour de la naïveté ou de la méconnaissance des relations humaines s'avère bien souvent être plutôt du bon sens dans cette famille si compliquée qui ne communique presque pas.

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Si elle marche sur deux pattes, passe l'aspirateur, prépare des "miaoumelettes" ou aime regarder des séries télé policières avec ses collègues le soir, madame Nekomura a aussi des habitudes bien félines. Elle a tendance à s'endormir très facilement, et quand quelque chose l'agace, elle fait ses griffes pour se calmer. Et ça, c'est vraiment amusant ! La petite chatte qui son tablier à son nom et qui chante en travaillant devient très vite attachante et une fois qu'on est lancé dans la lecture de ses aventures, c'est dur de s'arrêter, surtout qu'il n'y a pas de séparation en chapîtres. Allez, encore quelques pages, ça se lit très vite ! ^^

Avec son format et son histoire hors du commun, Nekomura-san est un manga vraiment unique en son genre qui analyse de façon fine et originale les relations humaines et ce, vous l'aurez deviné, sur un ton jamais trop sérieux. Bien que le dessin soit très épuré, l'auteur parvient à créer un univers facile à aborder et des personnages authentiques. J'ai lu à ce jour les trois premiers volumes, et je vais continuer avec plaisir à suivre les aventures de cette chatte pas comme les autres. C'est évident que cela ne peut pas plaire à tout le monde, mais même pour moi qui ne me suis jamais gavée de manga plus classiques, c'est agréable de voir quelque chose se si différent.

13.04.2011

[Manga] Le sablier

Titre japonais : 砂時計 / Sunadokei

Auteur : Ashihara Hinako

Nombre de volumes : 10

Editeur en France : Kana

Fiche : Manga-news

 

Ca faisait pas mal de temps que j'avais repéré ce manga, plus de deux ans c'est sûr car il faisait partie de mon toop 10 de séries à lire que j'ai publié ici en février 2009. J'avais été attirée par les jolies couvertures aux tons pastels, par le fait que l'histoire semble proposer autre chose qu'une simple romance lycéenne et qu'elle ne s'étale pas sur plusieurs dizaines de volumes.

Ces derniers mois, mes visites régulières dans les boutiques de manga d'occasion rue Keller ou à Saint Michel m'ont permis de trouver l'intégralité de la série à moindre coût, entre 3 et 4 euros le volume. J'ai donc pu commencer ma lecture, je ne sais plus trop quand, en fin d'année dernière ou au début de cette année. J'ai pris mon temps, non pas parce que je n'ai pas aimé au contraire, mais justement parce que j'ai accroché dès le départ, que je savais que ça serait vite fini et que je voulais savourer chaque tome et chaque chapitre. Et puis en plus,  la structure de l'histoire se prête à une lecture espacée des tomes.

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La mère d'An, l'héroïne du Sablier, s'est suicidée alors que la jeune fille avait douze ans. An va devoir malgré tout grandir et se construire aux côtés de Daigo, un de ses camarades de classe quui va devenir son premier amour. Chapitre après chapitre, saison après saison, on la voit donc évoluer au gré des événements, ainsi que Daigo et leurs amis.

Impossible d'en dire plus sans trop spoiler, vu la façon dont l'histoire est construite ! Car Le Sablier se déroule sur de très nombreuses années, et il y a des ellipses temporelles parfois assez longues entre les chapitres. Mais la narration est tout à fait maîtrisée, ce qui fait que c'est un point fort et non une faiblesse. Les chapitres sont plus longs que la moyenne (pas plus de quatre par tome) et chaque passage de l'histoire se passe à une saison différente.

J'ai vraiment aimé ce mode de narration original, qui donne l'impression d'avoir plein de petites histoires en plus du fil conducteur des huit volumes. Oui, j'ai bien écrit huit, et pas dix, car l'histoire principale tient sur les huit premiers volumes, les deux derniers étant constitués de chapitres supplémentaires centrés plus particulièrement sur certains personnages mais qui proposent aussi en quelque sorte une autre fin à l'histoire en faisant un ultime saut dans le temps.

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Voir évoluer les personnages sur de nombreuses années leur donne une profondeur certaine et permet de varier les thèmes abordés : si l'on part d'amourettes et de rivalités lycéennes, par la suite il est aussi question de famille et de travail par exemple, au travers d'An ou de Daigo mais aussi au travers de Fuji et Shiika, leurs deux amis d'enfance, dont les histoires respectives sont également bien développées. Malgré ses thèmes sérieux, l'histoire ne verse jamais dans le mélo : les moments légers sont bien présents et j'ai aussi beaucoup apprécié cet aspect du manga.

J'ai pour ma part beaucoup apprécié les dessins (c'est sûr que je ne suis pas difficile de ce côté-là mais bon : les traits sont fins, et les transformations des personnages au fil des années sont bien rendues.

J'ai donc eu une très bonne intuition en voulant lire ce manga : un vrai coup de coeur ! Une très jolie histoire, à la fois triste mais pleine d'espoir, une héroïne à qui l'on s'attache forcément, une construction habile, un côté très réaliste. Bref, bien plus qu'un simple shôjo ! Voilà, je suis toujours aussi peu douée pour les articles manga, mais il fallait vraiment que je parle de cette série, qui vaut largement l'investissement, même en neuf.

Pour finir, un petit mot sur les adaptations : à ma connaissance, il n'existe pas d'anime, par contre un drama a été fait en 2007, en 60 épisodes de 25 minutes diffusés tous les jours en semaine (rien que pour ce format différent de ce à quoi je suis habituée, j'ai envie d'essayer !). Il y a aussi un film qui a été fait en 2008, et même si je ne suis généralement pas fan des manga adaptés en film live (format bien trop court), je le regarderai si j'en ai l'occasion.

13.03.2011

[Manga] Le pavillon des hommes

Titre japonais : 大奥

Auteur : Yoshinaga Fumi

Nombre de volumes : 5, série en cours

Editeur en France : Kana

Fiche : Manga-news

 

Je ne sais plus exactement où est-ce que j'ai entendu parler de ce manga pour la première fois, mais j'ai été agréablement surprise de le trouver à la bibliothèque de Rouen, où j'ai emprunté sur quelques mois les cinq tomes disponibles à ce jour.

Je n'avais encore lu aucun manga de Yoshinaga Fumi, mais je connaissais la mangaka en tant qu'auteur d'Antique Bakery, dont j'ai vu et apprécié l'adaptation en drama. Et même si je ne suis pas spécialiste de l'époque d'Edo, j'ai tout de suite été attirée par la dimension historique de l'histoire.

Le Pavillon des Hommes nous transporte donc au temps des samourai, à l'époque où la dynastie des Tokugawa régnait sur un Japon que Iyeyasu, le premier shôgun, avait unifié. L'auteur imagine qu'une terrible maladie touchant seulement les jeunes hommes transforme totalement la démographie du pays, et par conséquent la société : il y a trois fois plus de femmes que d'hommes, les rôles traditionnels doivent donc être mis de côté pour que le pays continue de fonctionner.

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On en vient à nommer des femmes à la tête des familles de guerrier, et chez les paysans comme les commerçants ce sont les mères et les filles qui gèrent les travaux et les affaires. Quand on a la chance d'avoir un fils ou un frère, il est dorloté. Certains hommes accordent leurs faveurs moyennant finance aux femmes qui souhaitent avoir un enfant. Et évidemment, la famille des Tokugawa n'échappe pas à toutes ces conséquences de la variole du Tengu.

Pensant avoir affaire à une histoire à la narration linéaire, j'ai d'abord été un peu décontenancée par la fin du premier volume, qui indique clairement qu'on ne reverra pas par la suite les personnages dont on vient de nous raconter l'histoire. Mais il s'avère que la construction du manga, qui s'arrête sur différents shôguns ainsi que les différents personnages qui les entourent, tout en donnant petit à petit les pièces du puzzle, est vraiment intelligente.

Le design est évidemment particulier, surtout pour celui des jeunes hommes qui ont les traits fins (Yoshinaga fait aussi du shônen ai, quoi ^^). Mais les personnages sont vraiment soignés, particulièrement au niveau des vêtements. Et pour ne rien gâcher, Kana nous offre des volumes aussi jolis que ceux de Mushishi (ce qui me donne encore plus envie de les acheter ! ^^).

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J'aime vraiment ces histoires qui partent de faits réels et y mêlent une part de fiction tout en tirant le meilleur parti des deux, par exemple en donnant une nouvelle explication à des événements. Ceux qui veulent de la baston de samourai seront déçus, mais je suis vraiment conquise par ce récit original qui aborde intelligemment les nombreuses problématiques amenées par les changements imaginés. Le côté politique et la présence de femmes n'a pas été sans me rappeler Saiunkoku monogatari !

Je suis donc impatiente de lire la suite, et je tenais à en parler maintenant car vu que le rythme de parution des volumes est assez lent au Japon, je n'allais pas attendre la fin qui ne viendra certainement pas avant quelques années ! Le manga a été adapté récemment en film, et comme évidemment il y a des acteurs que je connais, je suis assez curieuse de voir ce que ça donne !