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12.08.2014

[Anime] Last Exile ~ Ginyoku no Fam

Titre japonais : ラストエグザイル-銀翼のファム-

Nombre d'épisodes : 21 épisodes + 2 spéciaux

Année de production :
 2011-2012

Licence en France :
Black Box

Fiche :
 Animeka ; ANN

Voir aussi : Last Exile

 

Ayant adoré Last Exile, j'ai été ravie d'apprendre en 2011 qu'une suite indirecte allait être faite par Gonzo, et je me suis dit que la meilleure manière d'aborder ce deuxième cru était certainement de faire un nouveau visionnage du premier. Ce que j'ai fait, et mon affection pour la série n'a en rien baissé. J'ai comme d'habitude ou presque pris mon temps pour me lancer dans Ginyoku no Fam, d'abord parce que j'espérais une licence en France (j'avais déjà été étonnée que la série ne soit pas choisie pour du simulcast, et en fait la licence n'a été annoncée qu'au moment où je finissais d'écrire ce billet ! ^^). Et aussi parce que les échos que j'en ai eu n'étaient pas forcément des plus encourageants par rapport à ma manière d'aborder Last Exile et les séries animées en général.

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Ginyoku no Fam se déroule plusieurs années après le premier Last Exile mais met en scène de nouveaux personnages dans un contexte différent. Nous suivons donc, toujours dans un bel univers cyberpunk rempli de machines volantes et où de nouvelles nations s'affrontent, Fam, jeune fille qui fait partie d'un groupe de pirates de l'air vivant en marge du reste du monde. Fam est une pilote de vespa  (vaisseau biplace comme les vanships mais en plus petit) très douée qui est secondée par son amie d'enfance Giselle, dont les instructions de pilotage sont sans faille. Au cours d'une de leurs missions, Fam et Giselle croisent la route de Millia, princesse cadette du royaume de Turan, et vont se trouver entraînées au coeur du grave conflit qui va secouer leur monde, causé par l'énigmatique Luscinia, qui agit pour la Fédération Adès.

Si on reste donc dans le même type d'intrigue, on voit dès le premier épisode que la série cherche plus à rameuter le public mâle : le duo de tête n'est plus composé d'un garçon et d'une fille mais de deux filles, et c'est encore une fille qui vient s'ajouter en tant que troisième personnage. Du coup, cela nous donne le droit à une belle petite séquence presque style transformation magical girl dans l'opening où ces chères demoiselles sont à poil. Ca et les vues plongeantes sur la petite culotte de Fam au premier épisode, c'est exactement le genre de truc que je craignais. Alors heureusement, ça se calme après, et ce n'est au bout du compte pas si méchant.

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Mais on reste quand même dans un univers un peu trop volontairement féminin avec les trois personnages de tête. La dynamique des relations entre Fam et Giselle, puis Millia n'est donc pas la même que celle qui existait entre Claus et Lavie, deux amis d'enfance dont la relation est troublée par l'adolescence et qui doivent veiller sur la toute jeune Alvis. D'un sens, le changement, c'est bien. Mais trois filles du même âge, ça fait tout de suite plus camarades de collège ou de lycée quoi, donc au bout du compte il n'y a rien de neuf.

Je pinaille, mais en fait la seule chose qui m'a vraiment dérangée dans Ginyoku no Fam, c'est... Fam ! Je n'ai vraiment pas aimé grand chose dans ce personnage, et ça n'a pas changé entre le début et la fin de la série. J'ai trouvé son côté garçon manqué complètement raté. Au final elle est un peu asexuée, du coup je me demande à qui ça peut faire de l'effet de voir sa petite culotte (du coup, c'est peut-être pour ça que c'était juste au début :p). Je n'ai pas aimé son apparence, et je n'ai pas non plus aimé sa voix. Au niveau du caractère, elle est supposée dégager un charisme suffisant pour que les autres personnages la suivent malgré son côté un peu trop casse-cou et idéaliste, mais elle n'a absolument aucune classe. Là où Claus et Lavie restaient quand même dépassés par l'ampleur des événements auxquels ils étaient mêlés et jouaient un rôle à leur échelle même si c'était un rôle clé, notre petite Fam en vient rapidement à vouloir sauver le monde à elle toute seule ou pas loin, et à faire de beaux discours. On se rapproche au bout du compte plus du héros de shônen typique même si on a affaire (soit-disant) à une fille.

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Giselle, la copilote, n'a donc pas eu trop de mal à m'apparaître sympathique dans ses conditions. Plus calme, plus réfléchie, plus diplomate, mais aussi plus en retrait, un peu trop à mon goût même si cela reste cohérent par rapport à son caractère et celui de Fam. Les doutes qu'elle a par rapport à sa relation avec son amie de toujours après l'arrivée de Millia et la survenue de tant d'événements montrent sa gentillesse et son côté grande soeur. Si je trouve son visage très mignon, l'expression de ses yeux qui est comme figée donne l'impression qu'elle plane tout le temps et il y a plusieurs moments où ça fait vraiment bizarre.

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Dès les premiers instants, on sait dans quel catégorie de personnage ranger la princesse Millia : celle des chieuses qui ne connaissent rien à la vie, contredisent tout le monde parce qu'elles sont persuadées d'avoir raison et ne savent pas se la fermer. Dès le départ, on devine aussi que tout ce qui va se passer va beaucoup la faire changer et on  a aussi raison sur ce point. Millia, de par les malheurs qui lui arrivent et les responsabilités qu'elle va devoir porter, va devoir grandir à vitesse grand V. Elle est toute mignonne et c'est dur de ne pas la trouver sympathique. Du coup, ça n'était peut-être pas la peine qu'elle soit lourde au début ^^.

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Je ne sais toujours pas quoi penser franchement du grand méchant Luscinia. Plutôt que d'être simplement un grand vilain mégalo et psychopathe qui s'impose par une certaine classe, il a des motivations particulières et est plus gris foncé que tout noir. Et ça, c'est plutôt bien. Pourtant, j'ai eu un peu de mal à le cerner. La toute jeune Sara à qui il est dévoué succède dignement à Alvis dans la catégorie gamine super mignonne. Du coup, de par la position de souverain de la Fédération qu'elle occupe et avec tout ce qui est fait en on nom, le contraste est vraiment étrange. Mais cela fait partie de la problématique centrale de la série : qu'est-ce qu'une juste cause ? Peut-on vraiment faire la guerre pour la paix ?

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La série compte bien sûr un certain nombre de personnages secondaires, notamment ceux de la Fédération. Si j'ai plutôt apprécié Vassant, protectrice de Sara qui n'a pas la même vision que Luscinia, ou encore l'intriguant général Sadri, j'ai trouvé que les autres manquaient d'envergure. Je pense surtout au duo Sorush et Orang, qu'on ne parvient pas à connaître assez pour s'intéresser à leur rôle dans les événements mais qu'on nous présente en quelque sorte comme personnages clé. Le point soulevé par rapport à leurs origines reste tout de même judicieux.

Évidemment, même si la continuité avec le premier Last Exile n'était pas directe, la question se posait de savoir si on allait revoir certains de ses personnages, même si d'un sens la réponse était assez évidente. Je me permettrai juste de mentionner celui que l'on voit apparaître dès le début de l'histoire et vous laisse la surprise pour les autres. La réponse en images est évidente pour ceux qui ont intérêt à la savoir :).

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Cette réapparition est vraiment la bienvenue, mais elle ne m'a pas empêchée d'avoir un peu de mal à suivre la première petite moitié de la série. Ce n'est pas qu'il se passe rien, c'est même plutôt le contraire, il se passe un peu trop de choses. Je ne peux pas dire du tout que je m'ennuyais et que je voulais laisser tomber la série, mais j'ai eu quand même tendance à espacer un peu les épisodes. J'ai donc bien été contente d'avoir le droit à un épisode récapitulatif ! Dans la plupart des cas, c'est au mieux inutile, au pire super chiant, mais là j'ai bien apprécié ! Cela m'a remis sur les rails pour la suite, et l'histoire est devenue plus intéressante.

On a ensuite le droit à un autre épisode récapitulatif, différent mais pas moins utile et que j'ai beaucoup aimé ^^. Ginyoku no Fam ne compte au final que 21 "vrais" épisodes, soit une longueur un peu bâtarde par rapport aux 24 à 26 épisodes dont on a l'habitude pour la majorité des séries. On ne peut pas dire que la fin est trop hâtive, mais je pense qu'il y aurait eu de quoi faire avec quelques épisodes supplémentaires.

Les années aidant, l'animation et la 3D de Ginyoku no Fam sont logiquement supérieures au premier Last Exile (mais ce n'est pas pour autant que cekui-ci est dépassé ^^), et c'est un plaisir de découvrir un autre univers peuplé de machines volantes avec ses villes et ses paysages et toujours ce ciel omniprésent. Les villes sont de véritables tableaux, et j'ai aussi particulièrement aimé le palais de Sara avec toute sa verdure (ma capture d'écran ne rend pas vraiment justice à l'endroit !). Les scènes de bataille sont dynamiques à souhait, mais elles m'ont paru parfois un peu trop présentes. Etait-ce pour donner un peu plus dans le spectaculaire, ou était-ce juste une fausse impression de ma part ?

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L'univers musical de Last Exile est préservé dans ce deuxième épisode puisque c'est la même compositrice principale, Kuroishi Hitomi, qui est aux commandes de l'OST (elle officiait avec deux compères sous le nom de Dolce Triade dans la première série). On retrouve des mélodies semblables avec d'autres arrangements mais toujours ces sonorités un peu celtiques qui se marient si bien avec les décors. Sous son prénom seul, la compositrice chante également la chanson du générique de fin (ainsi que plusieurs insert songs). Il est aussi très similaire à celui du premier Last Exile, mais ça n'est pas pour me déplaire car je l'aimais énormément et le côté aérien de la mélodie et de la voix sont parfaits.

La chanson de l'opening est chantée quant à elle par Sakamoto Maaya, et a été composée par School Food Punishment. Je ne l'aurais pas deviné, mais du peu que je connais le groupe, ça correspond bien. J'ai eu un peu de mal au début, mais en fait le titre est super accrocheur et donc absolument parfait pour un générique de début.

Ce n'est pas juste d'aborder une série avec des a priori ou ds attentes trop particulières. Pourtant, la plupart du temps c'est difficile de faire autrement. Et c'est parfois bien comme ça. Dans le cas de Ginyoku no Fam, cela m'a au moins permis de ne pas être déçue. Ma préférence reste évidemment largement à la première série, mais je ne peux pas dire qu'il aurait mieux valu ne pas faire de suite. Ginyoku no Fam ne trahit pas le superbe univers Last Exile et le renouvelle de manière efficace. Si le traitement des personnages et de l'histoire m'ont dans l'ensemble moins plus, j'ai au final passé un bon moment et je n'ai aucune raison de critiquer la série plus que par rapport aux quelques points mentionnés.

A l'heure où j'achève ces lignes, l'éditeur Black Box vient d'annoncer une réédition de Last Exile et une sortie de Last Exile ~Ginyoku no Fam, en DVD et Blu-ray. L'occasion de faire d'une pierre deux coups pour ceux qui ne connaissent pas du tout la licence. Comme je n'habite plus en France ce n'est plus tout à fait la même chose, mais je regrette quand même que cette licence ne soit pas venue plus tôt ^^. Même si ce n'est pas dans l'immédiat, je me prendrai le petit coffret de Ginyoku no Fam car il méritera quand même un revisionnage, et il me coûtera 3 sous par rapport à l'édition japonaise !

23.02.2014

[Anime] Michiko to Hatchin

Titre japonais : ミチコとハッチン

Nombre d'épisodes : 22 épisodes

Année de production :
 2008-2009

Licence en France :
 Dybex

Fiche :
 Animeka ; ANN

 

Il y a bien longtemps de ça, sûrement peu après la fin de sa diffusion, j'avais commencé à regarder cette série animée. Et puis arrivée au 7ème épisode à peine, j'apprends qu'une licence de diffusion a été acquise. Oui bon, c'est bien gentil, mais c'est pas de la diffusion que je veux moi, c'est de l'édition DVD. Pensant que l'une suivra l'autre, je stoppe mon visionnage et attend sagement des nouvelles. Quel éditeur ? Quel format ? Quelle date de sortie ? J'ai beau chercher régulièrement des infos, les mois passent et absolument rien de neuf. Comme quoi, on a l'air bien con à vouloir faire fonctionner un peu le marché alors que des gugus chopent les derniers épisodes de Naruto à tour de bras (d'honneur) devant le manque total de communication qu'il y a parfois de la part des éditeurs.

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Et puis un jour de 2012, presque par hasard, alors que l'anime était toujours désespérément on hold sur myanimelist et que je n'y pensais presque plus, j'ai vu que le coffret DVD allait sortir. De manière tellement confidentielle que c'était facilement ratable. Pourtant, ça ne semblait pas être une série particulièrement dure à mettre en avant. L'édition est minimaliste (trois DVD dans des boîtiers slim et un étui en carton bien fin), genre on le sort histoire de le sortir mais bon on veut pas trop en entendre parler. Du coup, c'est pas cher, alors d'un sens, on va pas non plus se plaindre. Je peux donc enfin quatre ans après (car oui il faut compter avec mon temps de réaction à acquérir les DVD et à me décider à les faire tourner) que j'ai pu regarder Michiko to Hatchin.

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Troisième animé pondu par le studio Manglobe après Samurai Champloo et Ergo Proxy, Michiko to Hatchin nous emmène à travers un Brésil fictif et un peu atemporel. L'histoire commence sur les chapeaux de roue avec l'évasion de prison de la bombasse d'héroïne Michiko, qui on le voit tout de suite est loin d'être une enfant de choeur. Elle va faire irruption (au sens propre du terme) dans la vie de Hana, orpheline adoptée par un pasteur diabolique et souffre-douleur de la famille de celui-ci, en lui annonçant être sa mère. La grande brune pulpeuse et le petit garçon manqué blond vont prendre la route à la recherche de Hiroshi, qui on le devine par sa blondeur, a un lien de parenté avec Hana, vite surnommée Hatchin par Michiko.

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Un objectif, un chemin à parcourir, de nouvelles personnes rencontrées à chaque étape, Michiko to Hatchin nous propose bien une structure similaire à celle de Samurai Champloo, et dans une certaine mesure à celle d'Ergo Proxy. Mais la présence d'un duo de deux personnages féminins aux caractères très différents et d'action n'est pas non plus sans rappeler les séries "filles et flingues" de Bee Train. Noir et Madlax, mais surtout El Cazador avec le côté latino. A la différence près que j'ai trouvé l'ambiance de Michiko to Hatchin bien plus prenante que celle de ce dernier.

Les décors sont dans l'ensemble très réussis, détaillés et colorés. On a un peu un côté tableau avec certains paysages ou certains intérieurs, et on sent qu'il y a eu de la recherche pour créer cette atmosphère "brésilisante" . C'est aussi vrai au niveau des toponymes et d'une partie des noms des personnages. Le mélange de prénoms japonais et de noms latinos est assez amusant je trouve. Le soin apporté au côté visuel va jusqu'aux eyecatches, différents dans chaque épisode et toujours très stylés et colorés, à l'image des génériques de début et de fin.

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Michiko est un personnage vraiment intéressant, pour sa plastique et son pourcentage de "couverture vestimentaire" réduit pour ceux qui veulent mater, mais aussi pour son caractère. Elle tape avant de réfléchir, ou même souvent elle tape tout court. Elle est parfois franchement débile, j'aurais envie de dire tout à fait blonde à l'intérieur. Le tout avec un côté grand enfant et un degré d'obstination un peu trop élevé. On est donc bien loin de la belle idéale, mais avec encore quelque chose d'un peu différent de la belle chieuse.

En contraste, Hatchin est une enfant qui a dû trop vite grandir pour survivre à l'univers hostile qui a été le sien pendant des années. Elle a bien plus de bon sens que son aînée et c'est elle qui lui fait la leçon, mais sans que ça devienne trop moralisateur. Car la petite en a trop encaissé, et il ne faut pas non plus l'embêter ! Le duo formé par ces deux filles est à la fois drôle et touchant, vraiment attachant.

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Le risque avec les scénarios du type je cherche quelqu'un ou quelque chose, c'est de se perdre un peu en route et de ne pas arriver à bon port, de nous promettre des choses que l'on n'aura pas au final. Le spectateur a alors souvent à juste titre l'impression d'avoir été trompé sur la marchandise. C'est dans une certaine mesure le cas de Michiko to Hatchin, mais ce n'est pas un défaut à 100%. Au final, l'important ce n'est pas le point d'arrivée, mais le parcours en lui-même, et la manière dont il change les héroïnes grâce à leurs interactions l'une avec l'autre et grâce aux rencontres.

Les personnages au destin souvent peu heureux croisés de ville en ville sont à l'origine d'histoires aussi brèves que touchantes. Je connais trop peu le Brésil pour jauger leur vraisemblance, mais dans tous les cas il s'agit dans la série d'un pays fictif seulement inspiré d'un pays réel, on ne peut donc pas faire de reproches sur la réalité des faits. Adaptation libre de l'oeuvre originale, en quelque sorte. Du coup, les malheurs des protagonistes ont un côté universel, tout comme la violence qui se dégage de l'histoire.

Je ne suis généralement pas trop du genre flingues et gangs, et des histoires violentes en général, mais ça passe car il n'y a pas de la surenchère et l'histoire comporte tout ce côté humain qui complète le côté spectaculaire des courses-poursuite et des bastons. J'ai adoré les petites voitures de police toutes rondes très rétro, qui ne résistent jamais face au super deux roues tout aussi old school de Michiko, d'une solidité assez irréelle ^^.

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Je m'arrête encore rapidement sur un ou deux personnages, en commençant par le pasteur, qui fait une apparition assez brève, mais qui est spectaculaire par sa ressemblance avec le François-Xavier de Samurai Champloo et illustre une vision du christianisme assez acide qui me parle beaucoup. Atsuko, connaissance de longue date de Michiko et flic qui la traque pour la recoller en prison, est un personnage qui se révèle au final assez dur à cerner. Je n'ai pas été complètement convaincue par son comportement à la fin, mais sa relation avec Michiko reste très intéressante. Et sa touffe blonde assez excellente !

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On passe au son, et avant de parler de la musique, pour une fois je vais parler des voix. Contrairement à la majorité des séries télé animés, les voix des personnages de Michiko to Hatchin sont assurées non pas par des doubleurs qu'on a l'habitude de retrouver, mais par des acteurs du grand et du petit écran qui, quand ils doublent une oeuvre animée, le font la plupart du temps pour un long métrage. Ainsi, la voix de Michiko est celle de Maki Yôko (vue par exemple dans le drama Ryômaden), que j'aime beaucoup et qui rend franchement bien. Hatchin est quant à elle doublée par Ohgo Suzuka (héroïne du très drôle Sexy Voice and Robo). Parmi les acteurs que j'ai eu l'occasion de croiser, on retrouve aussi Tsuda Kanji, Mitsuishi Ken et Murakami Jun.

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La musique de la série est dans l'ensemble très réussie. Les cuivres et les rythmes énergiques de Soil and Pimp sessions, que je connais pour leurs colaborations avec Shiina Ringo, donnent bien le ton dans l'opening. Entre instrumentaux et chansons en portugais, les musiques qu'on entend tout au long des épisodes sont variées et de qualité, elles complètent bien le côté brésilien du décor et vont même au-delà de ça. La chanson de l'ending n'est pas du tout mon style, et j'aurais préféré autre chose, mais ce n'est pas non plus un ratage complet au niveau de l'ambiance. 

Vu le studio aux commandes de la série, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi je n'ai pas plus entendu parler de l'anime dans la blogosphère et sur les sites spécialisés. Ni pourquoi Dybex n'a pas fait les choses en plus grand pour la sortie des DVD alors que c'est eux qui ont édité Samurai Champloo et Ergo Proxy. Vu le peu de communication et le côté sommaire de l'édition DVD (au passage, la qualité des sous-titres m'a paru inférieure à ce que j'avais l'habitude d'avoir avec les DVD de l'éditeur), Michiko to Hatchin n'a pas dû attirer les foules.

Pourtant, si la série a certes des défauts, elle a largement assez de qualités à côté pour se classer dans le haut du panier. Je suis bien d'accord pour dire qu'en mettre plein les yeux et les oreilles et n'avoir rien de consistant niveau scénario, ça ne passe pas. Mais il est clair que l'ambiance visuelle et sonore de l'anime sont diablement séduisantes. On a de la technique, de l'originalité dans l'univers et des personnages franchement sympathiques dans leur apparence comme dans leur caractère. La déception que j'aurais pu ressentir après avoir tant attendu de voir la série ne s'est pas du tout manifestée. J'ai passé de très bons moments devant Michiko to Hatchin, et j'aimerais en entendre parler davantage, même en mal pour savoir ce qu'on peut  lui trouver de si mauvais :).

05.12.2013

[Film d'animation] Kaze tachinu / Le vent se lève

Titre japonais : 風立ちぬ

Année de production : 2013

Licence en France : Buena Vista (Disney), sortie le 22 janvier 2014 au cinéma en France

Fiche : Animeka ; ANN

 

Depuis que je suis au Japon, je suis allée très peu de fois au cinéma. Parce que c'est cher (1800 yen le prix normal), et parce que ça n'est pas dans mes priorités (c'est pas que j'aime pas ça, c'est plutôt qu'on peut pas tout faire ! ^^). Quand Kaze Tachinu est sorti dans les salles, je me suis évidemment dit qu'il faudrait que je le voie étant donné que j'ai vu presque tous les Ghibli sortis en France au ciné. Mais ce n'est que la fameuse annonce de la "retraite de Miyazaki" qui m'a rappelé que ça serait trop dommage de louper ça sur grand écran (même si y'a de la marge question durée de diffusion ^^) et qui m'a décidée à prévoir la sortie pendant un weekend. Je ne savais pas du tout de quoi parlait le film avant de m'installer devant l'écran, j'avais juste vu l'affiche et je n'étais bien sûr pas étonnée que le titre comporte le mot "vent" ^^.

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Kaze Tachinu nous plonge dans le Japon d'avant-guerre en nous racontant la vie de Horikoshi Jirô, N'ayant pu réaliser son rêve d'enfance de piloter un avion en raison de sa mauvaise vue, Horikoshi va se tourner vers la conception et devenir l'un des plus brillants ingénieurs aéronautiques dans les années 30. Le parcours du jeune homme qui a les yeux toujours levés vers le ciel sauf lorsqu'il regarde celle qu'il aime se mêle à de nombreux événements clés de l'époque.

Le scénario est basé sur le manga que Miyazaki a réalisé en s'inspirant librement du roman du même nom écrit par Hori Tatsuo, écrivain contemporain de Horikoshi qui a fréquenté la même université et que l'on voit apparaître dans le film. Le roman est disponible en français chez Galimard.

Si les traductions de titres d'oeuvres peuvent parfois être discutables, ici on ne peut absolument rien trouver à redire du titre français : c'est le titre japonais du roman/manga/film qui est au départ une traduction du français, plus précisément d'un vers d'un poème de Paul Valéry. Je n'ai pas fait de recherches détaillées, mais vu que Hori a traduit des auteurs français en japonais, on peut penser qu'il avait travaillé sur les oeuvres de Valéry. Mais pour en finir avec le titre, c'est assez étrange de se retrouver avec un film qui a le même titre que celui de Ken Loach, au sujet complètement différent ^^.

C'est un vrai délice de redécouvrir le Japon des années 20 et 30, que j'ai apprécié de voir reconstitué dans les feuilletons télé, sous le crayon de Miyazaki. Les paysages urbains grouillent de vie et de détails, on est dans le Japon du quotidien d'un passé pas si lointain. Ce n'est pas comme si on pouvait oublier avec ses autres oeuvres que Miyazaki était japonais, mais c'est aussi intéressant de le voir dessiner Tokyo telle qu'elle a existé qu'un étrange château mécanique, une ville de style italien ou des petites créatures de la forêt.

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Kaze tachinu est certainement le plus "réaliste" de tous les films de Miyazaki : il se déroule dans notre monde, il est basé sur la vie d'un personnage réel, il ne comporte pas de créatures fantastiques comme c'est toujours le cas que l'histoire se déroule dans un monde imaginaire ou dans un monde au départ réel (je pense surtout à Totoro et Chihiro). Pourtant, l'empreinte du réalisateur est plus que jamais présente. Il y a d'abord toute une dimension non réelle dans Kaze tachinu, c'est celle des rêves de Jirô, dont l'ambiance est vraiment fascinante. Ensuite, les machines volantes et le ciel ont un rôle plus important que jamais, et on est obligé de penser à Porco Rosso. 

Enfin, si Kaze tachinu se passe dans un milieu urbanisé et est plus centré sur la société humaine que les autres réalisations de Miyazaki, la nature ne manque pas l'occasion de pointer le bout de son nez d'une manière assez spectaculaire, et sa personnification est on ne peut plus parlante. J'ai trouvé que le couple formé par Jirô et Naoko était vraiment touchant. On ne les voit pas tant que ça ensemble au bout du compte, mais on sent vraiment leur tendresse et leur complicité. Quel que soit leur âge, le lien entre les deux personnages principaux est bel et bien un élément clé des scénarios de Miyazaki, et il montre toujours autant de sensibilité.

J'ai quand même vu un certain nombre d'oeuvres d'animation, qu'il s'agisse de séries télé ou de longs métrages. Je savais bien qu'en plus de la musique et des voix, sur lesquelles je vais m'arrêter juste après, il faut aussi des bruitages. Mais j'y avais rarement fait autant attention que dans Kaze tachinu. J'ai vraiment pris conscience du rôle qu'ils jouent dans l'immersion, du sens du détail apporté à la réalisation. Je ne pense pas forcément que ça soit justement ce film qui soit plus particulier que d'autres du studio Ghibli ou que d'autres longs métrages d'animation (parce qu'il n'y a pas que Ghibli), mais je tenais à le dire car il est clair qu'à l'avenir j'y ferais encore plus attention. Les bruits de machines, de pas, du moindre objet manipulé, de la ville pleine d'activité, c'est ça aussi qui construit un univers.

Si la musique de Joe Hisaishi est un peu une composante intégrante des films réalisés par Miyazaki, j'avais trouvé que le compositeur manquait un peu d'inspiration depuis Le Château ambulant ou Ponyo sur la falaise, et depuis il m'a aussi déçue dans une série télé historique.  J'avais donc été contente d'entendre autre chose pour les deux Ghibli plus récents confiés à d'autres réalisateurs (Arrietty et La colline aux coquelicots). Mais là Hisaishi est en grande forme. On reconnait toujours bien son style, mais la petite touche nostalgique et italienne fonctionne très bien.

La chanson thème du film est signée Matsutoya Yumi et n'est pas toute récente puisqu'elle date de 1973 (l'artiste portait encore son nom de naissance, Arai Yumi). Une chanson qui a 40 ans pour une histoire qui se passe il y a plus de 70 ans, je trouve ça vraiment chouette. Surtout qu'elle est très jolie.

Comme c'est toujours le cas pour les longs métrages d'animation, j'ai retrouvé parmi les doubleurs des personnages de Kaze tachinu plusieurs acteurs et actrices que je connais pour les avoir vus dans des séries télé. Mais pas pour celui qui double le personnage principal ! Il a une voix particulière, et je me suis demandé pendant le film si j'étais supposée le connaître. En effet, je ne le connais, mais pas pour sa voix ! Il s'agit d'Annô Hideaki, créateur de Neon Genesis Evangelion. Apparemment, il a travaillé sur l'animation de Nausicaa, je ne peux qu'imaginer qu'il connait Miyazaki et d'autres membres du studio Ghibli depuis un bail.

Pour les autres personnages, on retrouve par exemple Takimoto Miori (Hungry!) dans le rôle de Naoko et Nishijima Hidetoshi (Strawberry Night) dans celui de Hojô, collègue de Jirô qui va être à ses côtés lors de ses échecs et jusqu'à sa réussite. Shida Mirai (Seigi no Mikata) prête sa voix à Kayo, petite soeur de Jirô. Gamine boudeuse comme Miyazaki sait si bien les faire, elle va devenir une jeune femme surprenante.

Qu'on lui mette l'étiquette de dernier film ou pas, Kaze Tachinu est une très belle réalisation. Son histoire à la fois belle et cruelle met en évidence le paradoxe qu'il peut y avoir à réaliser un rêve, la contradiction terrible qui peut exister entre la beauté d'une réalisation technologique et son utilisation. C'est du moins le message que j'ai voulu en tirer, mais la présentation des faits et ce qui reste implicite peuvent donner une autre perception et la fin peut paraître encore plus indécise si l'on ne connait pas du tout l'histoire du Japon.

Si on peut regretter d'un sens que le film ne s'adresse pas à la fois à adultes et enfants comme la majorité des autres Miyazaki (le comique n'est pas non plus absent, mais il n'est pas vraiment visuel) il pourra au moins montrer à ceux qui pensent encore que l'animation est faite seulement pour les enfants qu'ils ont tort.